Inondations : le récit de la réunion publique à Andres

Mardi 28 novembre, une réunion publique a rassemblé 200 personnes à Andres. Les élus et les responsables des institutions de l’eau ont répondu aux questions des personnes sinistrées. Après deux heures et demi de discussions, les personnes rassemblées ont acté la constitution d’une association. Calais La Sociale était présent dans la salle de sport reconfigurée en forum démocratique et vous raconte les échanges.


1

Un riverain inondé demande des explications aux représentants des wateringues

Après une courte introduction d’Allan Turpin, maire d’Andres et hôte du jour, ce sont les « administrés », comme ils les appellent, qui sont invités à prendre le micro pour une première salve de questions et de témoignages.

Un riverain de la rivière Neuve, logé à l’hôtel depuis trois semaines, explique que le niveau du cours d’eau était anormalement haut la veille de la tempête Ciaran. « J’aurais bien voulu avoir un représentant des wateringues pour qu’il s’en explique » demande-t-il. Deuxième point sur lequel il s’interroge : la gestion du bassin des chasses situé à Calais.


2

Le gérant d’un centre équestre : « On paie… Pour quoi ? »

Le deuxième à s’exprimer est Philippe Lens, gérant du centre équestre de Fréthun qui a été inondé. Celui-ci rappelle la présence de bassins de rétention sur sa commune : « Ces bassins étaient totalement vides, je trouve ça assez inadmissible ». Il dénonce par ailleurs des installations inappropriées et le manque d’investissement de certains élus. « On paie…. Pour quoi ? On paie des gens qui soit disant ont des compétences, qu’est-ce que ces gens ont fait ? »


3

Une habitante du Marais-de-Guînes dénonce les comportements de certains riverains

Ses premiers mots vont au maire de Guînes, Eric Buy, qu’elle remercie pour l’accompagnement de l’équipe municipale. Cette riveraine du deuxième banc au Marais-de-Guînes s’interroge sur le comportement de certains habitants « qui rebouchent les wateringues au bout de leur jardin » et entravent l’écoulement de l’eau.


4

Une habitante du troisième banc : « Pourquoi le canal n’est pas refait ? »

« On a eu trente centimètres d’eau dans la maison et on a été coupé de l’électricité pendant plus de quinze jours » témoigne une autre habitante du Marais, mais cette fois-ci du troisième banc. « Je me pose une question concernant les berges du canal. Nous au troisième banc, ça a débordé côté Marais, les berges étaient perforées » explique-t-elle avant de demander : « Pourquoi on ne refait pas ces berges ? Pourquoi le canal n’est pas refait ? »


5

Une riveraine d’Hames-Boucres : « On ne peut pas vivre dans l’angoisse à chaque pluie »

Propriétaire d’une maison depuis un an, une habitante d’Hames-Boucres déjà inondée à trois reprises prend la parole : « Là, apparemment, c’est un problème de bac de rétention qui aurait lâché. Donc ma question c’est : qui s’occupe de ces bacs de rétention, pourquoi lâchent-ils et leur taille est-elle suffisante ? » pose-t-elle. Elle conclut : « On ne peut pas vivre dans l’angoisse à chaque pluie ».


6

Le président de la cinquième section des wateringues fait face aux riverains

Pendant et après les inondations, les différentes sections des wateringues ont été mises en causes par certains élus et riverains. Philippe Deguines, président de la cinquième section, s’est présenté devant les participants à la réunion publique. « On a eu un phénomène exceptionnel mais je ne cherche pas à me débiner » commence-t-il, avant de se lancer dans une réponse au premier intervenant sur la question du niveau de l’eau. Rapidement, le riverain reprend le micro et un dialogue s’instaure entre les deux hommes sur l’efficacité des pompes.

Une habitante de Balinghem, excédée par l’échange confus, se lève et réclame le micro : « Les pompes du pont aux bûches vont dans le canal d’Ardres. Le canal d’Ardres déborde, il revient dans la rivière Neuve et c’est le chien qui se mord la queue, voilà. » Applaudissements dans la salle. Elle continue : « J’habite Balinghem depuis 1981, je vois ça deux fois dans l’année. J’en tremble parce que ça m’énerve, j’ai même envie de pleurer, je vous le dis tout de suite » lâche-t-elle avant de fondre en larmes.


7

Le représentant des wateringues poursuit ses explications

Devant l’assemblée, Philippe Deguines continue son exposé et rappelle la charge qui pèse sur la rivière Neuve : le cours d’eau recueille l’eau qui tombe et ruisselle sur 11 000 hectares de terrains. Lors des inondations du mois de novembre, la rivière Neuve a dû absorber 45 millions de mètres cubes d’eau. Problème : le long de la route de Guînes, la rivière Neuve passe sous le canal de Guînes et passe par un siphon. « Savez-vous quelle est la surface du siphon de l’écluse carrée ? Il fait pas quatre mètres carrés ! » s’exclame Philippe Deguines. « Qu’est-ce qu’on attend ? » réplique un homme face à lui.

Une riveraine interpelle le représentant des wateringues : « Quand vous curez la rivière Neuve, vous ne curez pas assez profond » accuse-t-elle. « Mais madame, on ne peut pas curer profond ! » entend-on dans la salle. À plusieurs reprises, les riverains vont invoquer cette solution d’approfondir les cours d’eau du Calaisis. Allan Turpin répond à cette hypothèse : « Ce n’est pas forcément vrai pour la profondeur car il faut maintenir les berges ». Autrement dit, si le canal est trop profond, les berges s’effondrent. Olivier Matrat proposera d’autres réponses à cette question (point 13).

« Et maintenant comment vous allez faire avec le réchauffement climatique ? Vous vous rendez compte de ce que ça va créer ça ? » interroge un riverain. « J’en ai conscience » répond Philippe Deguines. « Moi je vous dis une chose monsieur, heureusement qu’il n’y a pas eu de victime » conclut l’habitant de Balinghem, l’index tendu vers le président de la cinquième section.


8

Le face-à-face entre Allan Turpin et un agriculteur qui vole au secours des sections de wateringues

Au moment où Philippe Deguines regagne sa place, Allan Turpin commente : « C’est bien, vous avez fait une démonstration. Mais vous avez fait une démonstration lorsqu’il est trop tard » lance-t-il. Dans la salle, un homme bondit : « Non, non, ce n’est pas vrai… S’il vous plaît… Il ne faut pas dire ça ! ». On lui tend un micro. L’homme est un agriculteur, ancien président du canton pour la FNSEA.

« La seule solution, c’est de commencer à la mer. C’est d’augmenter les débits, c’est les pompes, c’est ça qu’il faut faire ! C’est pas accuser les wateringues ! Elles ont un budget, elles ne peuvent pas le dépasser ! » explique-t-il. La salle applaudit. Allan Turpin fait la moue. « On peut me dire que le budget de fonctionnement est dépassé, je peux pas vous dire oui, je peux pas vous dire non : on ne nous l’envoie pas ! » répond-il, rappelant l’obligation pour les sections de wateringues d’envoyer ces informations aux communes.


9

Une histoire de grue et des moyens qui manquent pour les wateringues

Jeudi 16 novembre, des agriculteurs débarquent à Calais avec une immense grue pour curer le canal de Calais et défendre que le curage est indispensable pour l’évacuation efficace des eaux. « C’est moi qui ai appelé cette grue » annonce devant l’auditoire Raphaël Delameare, agriculteur et président de la quatrième section des wateringues qui se lance dans le récit de ces deux journées. L’objectif de la manœuvre : dénoncer le manque d’entretien du canal de Canal de Calais, les procédures trop longues pour obtenir les autorisations de curage et démontrer que le curage est possible depuis les berges.

Au bout de son intervention, Raphaël Delameare rappelle encore le manque de moyens des wateringues. Il évoque notamment les subventions pour le fascinage : « Dans le temps on avait 80%, aujourd’hui on est abandonné ! » s’exclame-t-il. « On aimerait fasciner, on aimerait entretenir ! Mais on ne peut pas. On n’a pas l’argent, on n’a pas l’argent ! » répète-t-il.


10

Le récit d’un conflit entre la mairie d’Andres et la cinquième section des wateringues

Allan Turpin, maire d’Andres, prend la parole et raconte l’histoire du fascinage de la Rivièrette, le cours d’eau qui traverse son village. « Qu’est-ce qu’elle a fait la section des wateringues ? Elle a déclassé le watergang, elle ne l’entretient plus » balance le maire d’Andres. En clair, ce qu’il reproche, c’est que la cinquième section des wateringues ait déclassé le cours d’eau, transférant à la mairie d’Andres la responsabilité de l’entretien du cours d’eau.

Face à lui, toujours debout, Raphaël Delameare commente : « C’est une question d’hommes entre vous et Philippe, c’est une question un peu privée » lance-t-il. Derrière lui, Phillipe Deguines, président de la cinquième section, surgit et s’empare du micro de son collègue. « C’est pas l’heure pour ces bagarres-là, on est là pour essayer de trouver des solutions » calme-t-il. « C’est ce qu’on va faire » acquiesce Allan Turpin.


11

Eric Buy, maire de Guînes : « Il y a trop d’intervenants, il faut pouvoir simplifier tout ça »

Passée la tempête sur les wateringues, le maire Guînes, Eric Buy, prend la parole et s’attaque à un autre dossier, celui du millefeuille institutionnel de la gestion de l’eau. Pendant plusieurs minutes, il énonce la liste des acteurs concernés par les problèmes soulevés par les riverains. Et il conclut : « Et à un moment donné, pour travailler et mettre tout le monde autour d’une table, il faudra quand même l’autorité. Et moi je pense que si on n’a pas l’autorité de l’Etat sur cette chose-là, on ne s’en sortira pas. Il y a trop d’intervenants, il faut pouvoir simplifier tout ça ».


12

« On n’est pas sortis de l’auberge » dit Bernard Delalin, maire de Nielles-lès-Calais

« L’acteur principal sur le territoire, pour moi, c’est l’Institution intercommunale des wateringues » suggère le maire de Nielles-lès-Calais, Bernard Delalin, qui déplore un manque de moyens alloués par l’Etat. « Le budget pour garder les canaux en état, les curer, pour entretenir les berges, il est chiffré : le besoin immédiat est de 10 millions d’euros » explique-t-il. Aujourd’hui, l’Etat ne transfère que 900 000 euros à l’Institution intercommunale des wateringues pour opérer ces rénovations. « Vous comprenez bien qu’on n’est pas sortis de l’auberge » lance finalement l’élu.


13

L’intervention du directeur territorial des Voies navigables de France

Olivier Matrat, directeur territorial aux Voie navigables de France, s’avance devant l’assemblée : « Qui c’est le coupable ? Le coupable, il est là » affirme-t-il, le doigt pointé vers le ciel. Protestations dans la salle. Il continue dans le brouhaha : « Nous sommes face à un épisode qui est millénal » explique-t-il, c’est-à-dire un événement qui se produit tous les mille ans alors que les plans de protection contre les inondations sont conçus pour protéger le territoire d’un événement qui se produit tous les trente ans.

Sur le niveau de l’eau dans les canaux, Olivier Matrat indique que les niveaux des canaux ont été baissés le 30 octobre, en précisant qu’il ne pouvait pas aller en-deçà d’un mètre dix sinon les berges s’effondreraient. Des berges dont il reconnaît le mauvais état mais dont l’entretien n’est pas de sa responsabilité. Idem pour la capacité des pompes : « Moi, je fais avec le matériel qu’on me donne ! » constate-t-il. La salle exaspère : « Tout le monde se renvoie la balle et on ne fait jamais rien ! » commente une riveraine inondée du Marais-de-Guînes.


14

Un habitant s’agace : « On tourne en rond ! »

Dans la salle de sports du village, l’auditoire s’agace. Un homme se lève et réclame le micro : « Moi je viens de comprendre qu’aujourd’hui, c’est chacun pour soi, chacun travaille de son côté, il n’y a personne qui organise » peste-t-il. « C’est pas moi c’est l’autre, c’est pas moi c’est l’autre… Et on tourne en rond ! » exaspère-t-il, en référence aux nombreux acteurs qui se renvoient la responsabilité depuis le début de la réunion.

« Pour les pompes, je comprends pas qu’on en ait pas à demeure sur Calais au lieu d’avoir un dragon qui… Rien à foutre ! » lance-t-il à l’attention de la mairie de Calais. La salle applaudit.


15

Un maraîchère de Balinghem se demande si elle doit rester ou partir

Constanza est maraîchère à Balinghem, au Jardin des Noires Terres. Son exploitation est sous l’eau depuis près d’un mois, toutes ses récoltes sont perdues. « Pourquoi les Hollandais n’ont pas ce type de problème ? » interroge l’agricultrice et ingénieure qui fait référence au système d’évacuation des eaux beaucoup plus performant aux Pays-Bas.

« Il va peut-être falloir savoir où on construit les choses » suggère-t-elle par ailleurs, critiquant au passage une « organisation territoriale bordélique ». Elle vient aux faits : « Peut-être qu’on est, nous, les gens qu’il faut sacrifier pour éviter d’autres inondations ailleurs. Si c’est comme ça, si c’est Ardres, le marais de Balinghem, il faut me le dire tout de suite parce que j’arrête l’activité demain et je me barre » conclut-elle.


16

Caroline Matrat : « Il va falloir qu’on soit suivi sur des choix courageux »

Caroline Matrat est conseillère départementale et s’interroge : « Qui, aujourd’hui, va soutenir une équipe municipale qui va dire : « On renonce à la salle de sports, au dragon, finalement à tout le décorum et puis on va s’attaquer à tout ce qui ne se voit pas mais qui est utile » ?». La question, celle du soutien des électrices et des électeurs à des projets discrets mais essentiels est ouvertement posée. « Il va falloir gouverner autrement et il va falloir qu’on soit suivi sur des choix courageux » conclut la conseillère départementale.

Une habitante du Balinghem abonde dans son sens et évoque le financement de la vélo-route. « Alors là, on a trouvé de l’argent, il n’y a pas de problème ! Par contre, pour trouver de l’argent pour faire ce qui ne se voit pas et qui va faire du bien à tout le monde et pas seulement à l’image de marque de certaines personnes, là on ne trouve plus l’argent » dénonce-t-elle.


17

« Qui est prêt à se lever et à me dire : moi je prends la responsabilité de le faire ? »

Guillaume Decherf, agriculteur à Marck, était déjà mobilisé après les inondations de 2012. Il met en garde contre les manœuvres des assurances : « Les assurances ne sont pas dupes, si vous faites un accident toutes les semaines avec votre voiture, on va vite vous foutre dehors, explique-t-il. Et c’est ce qui va se passer avec le Calaisis : les primes d’assurance vont augmenter, et vous ne serez peut-être plus assurables ».

Pour lui, il y a urgence à s’unir pour régler les problèmes. « Qui va prendre la tête ? » demande-t-il à la salle. « Qui est prêt à se lever et à me dire : moi je prends la responsabilité de le faire ? » renchérit l’agriculteur. Dans la salle, c’est le silence. Puis une voix s’élève : « Bah on va créer un collectif ! Et on le fera tous ensemble ! ». Cette voix, c’est celle de Séverine Vasseur, habitante de Nortkerque.


18

Les ruissellements : l’autre problème soulevé par une habitante d’Andres

Une habitante de la commune d’Andres demande le micro. « Qui s’occupe du ruissellement et de l’érosion des sol ? » interroge-t-elle. « CCPO ! » répond Allan Turpin. Un acronyme qui renvoie à la Communauté de communes du Pays d’Opale. « Nous récupérons les ruissellements de Licques, Bouquehault et toutes les communes au-dessus » continue la riveraine qui conclut : « Le fermier autour de notre propriété est venu nous aider, et je peux vous dire que sans lui on n’aurait plus rien ».


19

Un habitant d’Andres propose la création d’un collectif

« Concernant la réunion d’aujourd’hui je crains une chose et une seule : c’est que demain tout rentre dans l’ordre, que les assureurs paient et que cette réunion finalement ne serve à rien » met en garde un riverain d’Andres, applaudit par la salle de sports. « Maintenant, il faut des solutions, continue-t-il. Et ces solutions, on peut les avoir éventuellement grâce à la création d’un collectif » propose-t-il finalement.


20

L’intervention de Thierry Poussières, maire de Brêmes

« Pourquoi certains paient les wateringues et d’autres pas ? » avait demandé un riverain plus tôt pendant la réunion. Thierry Poussières, maire de Brêmes, répond à la question : il rappelle qu’une partie du territoire était une zone humide qui a été asséchée et que seuls les riverains des zones considérées comme asséchées sont concernées par la taxe des wateringues.

Thiery Poussières insiste par ailleurs sur la nécessité d’expliquer clairement les choses aux habitants. « J’ai prévu une réunion publique fin janvier-début février dans ma commune pour réexpliquer à tout le monde comment se passe l’écoulement des eaux » annonce-t-il.


21

L’intervention de Pierre-Eloi Calais, maire de Nielles-lès-Ardres

Le maire de Nielles-lès-Ardres, Pierre-Eloi Calais, se réjouit de son côté qu’il n’y ait pas eu d’habitations sinistrées dans sa commune, conséquence selon lui des travaux réalisés à l’échelle de la municipalité. Chose intéressante pour les sinistrés dans la salle et en dehors : « La possibilité pour les particuliers de faire des travaux qui sont subventionnables ». Il évoque le fonds Barnier et la possibilité de faire des travaux subventionnés à 80% jusqu’à 36 000 euros. Selon lui, une association pourrait permettre de faciliter ces démarches.


22

Un habitant de Brêmes dénonce les fossés rebouchés et l’arrachage des haies

« Je n’ai rien contre les agriculteurs mais il y a eu des fossés qui ont été bouchés » explique un riverain de Brêmes. « Les haies qui ont été enlevées, alors là… Terrible. L’eau prend de la vitesse maintenant » poursuit-il, mettant en avant ce problème passé jusqu’ici sous silence.


23

Bernard Delalin et la responsabilité des élus

Selon le maire de Nielles-lès-Calais, l’acteur qui doit prendre la tête de l’organisation de l’eau sur le territoire est l’Institution intercommunale des wateringues. « Cette institution, c’est une organisation démocratique. Tous les élus ici présents que nous sommes, il nous revient à nous de faire fonctionner correctement cette institution » martèle-t-il. « Je le dis à tous les élus, venez pour voter » exhorte l’élu, évoquant les réunions de l’Institution intercommunale des wateringues. « On doit regarder les travaux qui sont prévus, les sommes qui sont prévues, on doit se concerter et se dire si on vote oui ou si on vote non. Moi j’y vais, on est toujours minoritaires ! » conclut-il


24

Un maraîcher de Balinghem plaide pour une intervention de l’Etat

« Pourquoi aux Pays-Bas ça marche ? Parce que aux Pays-Bas c’est un problème national » explique Camille, maraîcher aux Jardins des Noires Terres à Balinghem. « On a parlé de sous, mais pour dire simplement que le budget était limité. Evidemment qu’il est limité parce qu’on le gère localement alors que ça semble être une évidence que localement on n’est pas capables de financer ces choses-là et que c’est forcément l’Etat qui doit intervenir » plaide-t-il.


25

L’écologiste J-P. Moussally rappelle la responsabilité du réchauffement climatique

L’élu écologiste au conseil municipal de Calais, Jean-Pierre Moussally, prend la parole. « L’événement qui s’est produit est dû à une mer trop chaude, un air trop chaud. Un air trop chaud capte plus d’eau » explique-t-il. Celui-ci milite pour une « prise de conscience pour se dire qu’on ne peut pas continuer sur le modèle qui nous mène à la situation dans laquelle on se trouve ».

Alors qu’une partie de l’auditoire semble se désintéresser de son propos, Allan Turpin l’interrompt en abondant d’abord dans son sens : « Je suis entièrement d’accord pour dire que le premier responsable, c’est l’homme et tout son mode de vie, ça c’est clair et tout le monde ici le sait » admet-il, faisant taire les invectives de la salle à l’égard de l’élu écologiste. Puis il diverge : « Mais on ne va pas attendre que le changement s’opère au niveau des modes de vie, les gens veulent aussi qu’on puisse évacuer l’eau tout de suite » défend-il.

Manon Lamourette interpelle le maire d’Andres : « La solution ce n’est pas le court-termisme, il faut voir plus loin » appuie-t-elle sans micro. Allan Turpin semble d’accord : « On a un travail à court-terme et un travail à long terme, il faut associer les deux » répond-il.


26

Eric Buy : « Poussez les élus que vous connaissez ! »

Evoquant à nouveau la complexité liée à la présence d’acteurs multiples, Eric Buy, maire de Guînes, invite l’auditoire à se faire pressant : « Par rapport à l’association, poussez les élus que vous connaissez pour que ça puisse avancer dans tous les domaines qu’on a évoqués tout à l’heure » exhorte-t-il avant de laisser le micro.


27

Allan Turpin : « On est d’accord, on constitue ? Voilà, c’est parti ! »

Au bout de plus de deux heures d’échanges, Allan Turpin, maire d’Andres à l’initiative de la réunion publique fait sa proposition : « Moi je vous propose de se constituer » lance-t-il à l’assemblée. L’idée : créer une association et adhérer à l’UNALCI, l’Union nationale des associations de lutte contre les inondations. L’association sera consacrée exclusivement au pays du Calaisis.

Selon le modèle proposé par Allan Turpin, « chaque commune pourrait éventuellement avoir des administrés qui se constituent en sections ». Il poursuit : « Ces sections vont travailler d’abord sur leurs communes et vont remonter l’information à cette association » explique-t-il. « Et là on va aller travailler sur chaque administration, pour savoir qui fait quoi. Et on va pousser, et on va pousser, et on va pousser ! » promet-il avant de préciser les différents buts de l’association (ci-dessous).

« Qui est d’accord pour créer une association qui permet de défendre l’ensemble des administrés » demande Allan Turpin à la salle. Les mains se lèvent. « On est d’accord, on constitue ? Voilà, c’est parti ! » s’exclame-t-il. La cotisation pour adhérer est fixée à trois euros.

« Qui est prêt à prendre le poste de trésorier ? » demande Allan Turpin. Une main se lève, celle de Séverine Vasseur. C’est elle, plus tôt pendant la réunion qui avait réclamé la création d’un collectif. « Un secrétaire s’il vous plaît » enchaîne le maire d’Andres. Guillaume Decherf, agriculteur à Marck (point 17), lève à son tour la main. « Maintenant, le poste de président » continue Allan Turpin. « Monsieur le maire ! » entend-on dans la salle. « Quel maire ? » ironise l’élu d’Andres qui finit par accepter le poste : « Bah écoutez je le prends, vous êtes d’accord ? ». La salle approuve. Sur une table, près de lui, Allan Turpin montre les bulletins d’adhésion, déjà prêts, et conclut la réunion publique qui, finalement, s’est faite assemblée constitutive d’une association qui portera le nom : « Stop Inondations – Pays du Calaisis ».


Capture vidéo et récit de la réunion publique : Valentin De Poorter