
Une crise sociale ne se soigne pas avec une nouvelle charte graphique. C’est pourtant par là que commence, ce 25 septembre, lors de la soirée de présentation de sa nouvelle saison, le nouveau récit du Channel. De nouvelles couleurs, des symboles calaisiens, une communication repensée et, surtout, un mot qui revient : la joie.
Quelques mois auparavant, l’hypothèse d’un arrêt d’activité d’au moins six mois avait été envisagée, avec une perspective de chômage partiel. Une véritable catastrophe sociale pour les travailleureuses intermittentes. Ce scénario a finalement été abandonné afin de mieux faire passer une cure austéritaire. Il n’en reste pas moins une équipe éprouvée : des salarié·es ont quitté le lieu, d’autres sont encore en arrêt maladie. Faustine Maliar ne le cache pas : les difficultés sont toujours là.
Mais ce soir-là, il faut regarder devant.
Caroline Matrat confirme la baisse du soutien du Département, tout en appelant à ne pas rabattre les ambitions du Channel sur la seule question budgétaire. « Au-delà de l’argent, ce qui compte, ce sont les idées, c’est la solidarité », explique-t-elle. Une manière de rappeler qu’un projet culturel ne se résume pas à ses comptes. Une formule qui laisse néanmoins entière une question beaucoup plus matérielle : avec quels moyens faire vivre les idées, payer les salarié·es, accueillir les artistes et maintenir une programmation ?
Le nouveau Channel se veut également plus « populaire ». Le mot est employé sans être véritablement défini. Le premier spectacle de la saison est ainsi proposé à 10 euros au plein tarif, contre 7 euros la saison précédente. Une hausse de 43 %. Cette inflation ne résume évidemment pas une politique culturelle, mais rend au moins moins évidente les contradictions d’une promesse d’un lieu davantage accessible au plus grand nombre.
Plus frappant encore est ce qui n’est pas dit.
Natacha Bouchart assure que « le changement ne doit pas faire peur ». Mais le conflit qui a précédé le départ de Francis Peduzzi, après plus de trente années à la tête de la scène nationale, reste entièrement hors champ. Son nom n’est pas prononcé. Les tensions du printemps, les inquiétudes des salarié·es, la crise ouverte autour de la gouvernance d’un lieu menacé de fermeture ne sont pas racontées. Le changement apparaît ainsi comme une évidence presque biologique, détachée du coup de la manoeuvre politique qui l’a pourtant produit. Non, le changement est un phénomène naturel qu’une partie de l’équipe et de la population un brin réfractaire aurait dû mal à accepter.
La composition même de la soirée communique un étrange sentiment d’entresoi. Natacha Bouchart plaisante en introduction sur la non-parité affichée pour cette rentrée. L’ensemble des pouvoirs sont représentés sur scène par des femmes. Une preuve selon la Maire de l’ouverture de notre ville « contrairement à d’autres territoires un peu plus refermés sur eux-mêmes », faisant probablement références aux communes RN a dominance masculine desquelles elles tentent ainsi de se distinguer.
De là à incarner l’ouverture et le pluralisme ? La Ville est représentée par sa maire ; les prises de parole au nom du Département et de la Région sont également assurées par deux adjointes appartenant à la même majorité municipale. Plusieurs institutions parlent, mais les voix viennent du même endroit. Agathe Curry, sous-préfète est chargé de représenter l’Etat. Plus besoin de faire venir personne, le destin de la scène nationale se traite en interne.
Ce 25 septembre était donc moins la présentation d’une nouvelle charte graphique que celle d’un nouveau récit du Channel. Un récit fait de continuité, de changement, de joie retrouvée et d’ambition renouvelée. Avec, en creux une annexion municipale qu’on choisit de ne pas raconter.
Nous publions ici la retranscription de ces prises de parole pour en conserver la trace.
RETRANSCRIPTION
Présentation de saison 2026-2027,
le 25 septembre 2026.
Marie-Claire Pléros
Présidente de l’association Le Channel
Nous voici réunis dans la belle salle du Passager pour lancer, comme on dit, la saison 2026-2027, d’une façon qui me semble inédite, à savoir sous cette forme très officielle. C’est concret, ce soir, le Channel ouvre bien, ce vendredi 25 septembre, et c’est heureux. Ouvert, Le Channel l’est, d’une manière qui marque l’arrivée de sa nouvelle direction, avec à sa tête Sophie Mugnier, la nouvelle directrice arrivée depuis près d’une année maintenant. Elle va, enfin, dirons-nous, nous présenter son premier projet artistique.
Ouvert, le Channel l’est, dans un contexte économique et social particulier qui met en tension le fonctionnement du Channel comme celui de tous les lieux culturels et de tous les services publics.
Ouvert, grâce à de nouvelles et nécessaires coopérations de travail avec les partenaires publics qui nous financent, dans les intêréts respectifs partagés dans le cadre des missions de service public de chaque scène nationale et de la nôtre.
Ouvert, grâce aux membres de l’équipe qui souhaitent s’engager pour travailler à mettre en œuvre ce nouveau projet ; grâce aux membres de l’association qui en comprennent et en défendent les enjeux d’indépendance ; grâce aux publics, vous donc, qui, dans leur grande diversité, attendent de ce lieu d’être à la hauteur de ses missions et que l’aventure culturelle et l’évasion poétique se poursuivent.
Ouvert aux artistes, évidemment, et pour les artistes qui, par leur travail créatif, décalent / aèrent nos points de vue sur le monde.
Ouvert à toutes celles et ceux qui, comme nous, savent parce qu’ils l’expérimentent, que la liberté créative, quelle que soit la forme sous laquelle elle se manifeste – humaine, j’entends bien, et en aucun cas artificielle – est le vivier de nos démocraties, leur levier sur lequel je n’ai pas besoin de vous faire une image pour vous le représenter, leur levier sur lequel les projets totalitaires tapent en premier quand ils s’emparent des manettes du pouvoir.
La situation économique et sociale inédite du Channel lui permet cependant d’ouvrir dans des conditions aménagées, dans des modalités qui vous seront présentées par Sophie Mugnier tout à l’heure, avec des prises de paroles brèves des partenaires publics (sourire), une saison en deux temps, avec deux billetteries, mais nous y reviendrons. Le moment présent est à la consolidation d’un avenir pour ce lieu de vie singulier, enraciné dans l’histoire extraordinaire que nous lui reconnaissons.
Les scènes nationales appartiennent à leur public, à vous, à nous, et ne peuvent vivre que par le travail coopératif avec des institutions publiques. Pour le Channel, il s’agit de la mairie, du Département, de la Région, de l’État, et cela concomitamment. La ligne du Channel qui reçoit des subventions pour faire fonctionner et entretenir la création artistique et, tout simplement, remplir à cette fin des missions de service public.
Ces missions sont inscrites dans un cahier des charges dont les attendus sont communs à toutes les scènes nationales et propres à leur territoire. La scène nationale est en cela tenue à des obligations contractuelles. J’ai fait un petit rappel parce que ça n’est jamais évident de savoir comment fonctionne une scène et un lieu culturel par rapport à un autre, selon les formats et les statuts qui sont les leurs.
La scène nationale est donc tenue à des obligations contractuelles qui lui permettent de répondre à sa mission, puisqu’il s’agit d’un instrument créé avec l’argent public pour les publics, pour la culture, garante éminente de nos démocraties. Le Channel restera demain comme hier un lieu d’échanges, un lieu de rencontre artistique, culturelle, avec en son sein les Grandes Tables et la librairie du Channel, qui contribuent à son projet de lieu bien vivant.
Comme toutes les autres scènes nationales, elle se développera dans la loi de la liberté de création. Sa gouvernance et les membres de son association resteront les garants de son indépendance artistique. Les transformations qui ont eu lieu, qui ont lieu et qui auront lieu tiendront cette ligne, et les partenaires financiers ici présents aujourd’hui vous confirmeront juste après moi leur engagement en ce sens.
Il n’est jamais simple de succéder à un modèle historique qui a fait la réputation d’un lieu. C’est toujours critiqué. Chaque geste professionnel différent prend la signification d’une rupture majeure, dénaturante. C’est le cas partout, absolument partout. Tout est sensible et inquiétant parce que nous sommes humains, tout simplement, et parce que les changements nous inquiètent, et les conflits probablement encore plus. – J’ai un peu de mal à le dire, mais je comprends pourquoi – Les conflits, les désaccords, les disputes, les controverses ont le mérite de nous faire rencontrer celles et ceux vers qui nous ne serions pas spontanément allés ni rationnellement allés si nous ne regardions que nos amis professionnels. Les autres nous bousculent, nous enrichissent de leur point de vue, et nous les enrichissons avec nos points de vue.
Travailler avec, c’est travailler sur un objet commun dans un but commun d’efficacité, de travail de qualité, de la poursuite de ce qui laisse à désirer. Autrement dit : ce qui nous reste de désir pour ce qui n’est pas advenu. Pour insuffler ici, au Channel, la vie, l’intranquillité poétique, la flânerie rêveuse, l’imaginaire constructif qui développe en grand nos possibilités d’être ensemble, de partager, sinon de croiser certains regards inattendus, de composer avec inadvertance, de nous laisser surprendre par l’inattendu.
Je souhaite au Channel le meilleur vent, le plus entraînant, le plus vivifiant, aux couleurs locales et chatoyantes de sa nouvelle allure verte, rouge et bleue que vous découvrez. La crise que nous avons traversée et traversons encore n’est pas arrivée inopinément. Ainsi va l’histoire, l’histoire des lieux et celle des gens qui les animent.
Je donne la parole à madame le maire, Natacha Bouchart, que je remercie pour sa présence, puis ensuite au Département, à Caroline Matrat ; pour la Région, à Faustine Maliar, vice-présidente du conseil régional des Hauts-de-France ; et enfin, pour l’État, madame la sous-préfète de Calais, Agathe Curie. Merci.
Natacha Bouchart
Merci, madame la présidente. On a senti beaucoup d’émotion dans vos propos.
Alors je ne serai pas très longue. Ce n’est pas un discours, c’est juste pour éviter d’oublier des personnes à saluer ou à remercier.
D’abord, comme vous le voyez, la parité est respectée ce soir [il n’y a que des femmes qui prennent la parole], donc on est à Calais. Un peu d’humour sur ce sujet, parce que beaucoup de femmes sont en responsabilité dans cette agglomération et ça fait du bien aussi de voir cette face là, contrairement à d’autres territoires un peu plus refermés sur eux-mêmes.
Je suis donc très heureuse d’être parmi vous ce soir, à côté de la présidente, de Madame la sous-préfète, de Madame Caroline Matrat et de Madame Faustine Maliar, pour le Département et la Région aussi, à côté de la directrice et l’ensemble des acteurs.
Je veux vous dire simplement que le changement ne doit pas faire peur. Voyez-vous, avant moi il y a eu quelques maires : M. Hénin, M. Barthes, Vendroux… Et les choses ont continué, bien sûr, avec notre façon d’appréhender les gens, les projets, les visions. Mais je pense que, dans la culture, tout le monde a réussi à tenir ces engagements, ces équipements, que ce soit le Channel, le théâtre, le musée, la Cité qui est arrivée après.
Je voulais surtout être là aussi pour vous rassurer sur la volonté du maire que je suis et sur l’engagement que j’ai toujours eu. Je tiens aussi à préciser, par rapport au Channel, et donc vous confirmer qu’il sera bien proposé au budget 2027 — malgré les circonstances, les budgets que l’État nous accordera ou pas, en fonction du vote du budget national — une subvention de 800 000 euros, comme je m’y étais engagée, pour ce fonctionnement.
C’est important de l’avoir en tête parce que ça reste la subvention la plus importante de l’ensemble des organismes et associations de la vie de Calais. Je tiens à le rappeler parce que même le musée, même la Cité, même le théâtre, même le beffroi, même le Logis du Major ou d’autres organismes n’ont pas cette subvention annuelle.
Je vous confirme qu’elle est bien engagée et affichée, comme je vous confirme que nous avons lancé la mission d’assistance à maîtrise d’ouvrage pour faire le diagnostic, surtout de la sécurité, qui reste bien sûr un objectif important pour rassurer aussi chacune et chacun.
Je vous souhaite une très belle saison. J’espère que vous aurez un public nombreux. Je vous félicite pour la charte graphique parce que, en tous les cas, elle est très séduisante et drôle en même temps, et elle est vraiment ancrée aussi dans notre patrimoine et le vôtre.
Je ne serai pas plus longue parce que je sais que derrière moi il y a encore quelques interventions. Belle saison à l’ensemble du Channel, mais aussi à l’ensemble des partenaires, des artistes, des acteurs, des enseignants, de la librairie comme des Grandes Tables. Et puis j’espère qu’on pourra se revoir nombreux et nombreuses à des occasions de partager un spectacle ensemble. Belle soirée à tous.
Caroline Matrat
Intervention au titre du Département du Pas-de-Calais
Bonsoir à toutes, bonsoir à tous, Chers amis du Channel, chers amis de la culture, je suis évidemment ravie de vous retrouver ici, au Passager, de retrouver des visages que j’ai l’habitude de croiser ici, mais aussi d’en voir d’autres. Parce que je crois que l’ambition de Sophie Mugnier et de son équipe, c’est de faire sortir le Channel de son cadre habituel, d’amener ici de nouvelles personnes, de nouvelles générations, de nouveaux visages, de nouvelles idées.
Je suis particulièrement enthousiaste à l’idée de découvrir cette nouvelle proposition, très enthousiaste à l’idée de porter, avec les autres partenaires financiers, ce nouveau projet, ce nouveau projet qui est une chance pour notre ville. Vous le savez, Calais rayonne,Calais prend de plus en plus de périmètre, elle vit, elle est repérée. Alors, on vote pour sa belle plage, mais on votera demain et j’en suis sûre, pour ses équipements culturels. Parce que la culture à Calais, c’est un vrai levier d’attractivité.
Je ne suis pas là pour parler comme adjointe à la culture, même si j’ai la fierté de l’être. Je parle pour le Département. Évidemment, le Channel est important pour Calais, mais il est important aussi dans le Département du Pas-de-Calais.
Je voudrais insister sur le fait que le Channel est la scène nationale la mieux accompagnée du Pas-de-Calais. J’ai encore lu ce matin dans La Voix du Nord que le Département avait baissé sa subvention. C’est vrai. C’est vrai que nous avons été amenés à diminuer notre engagement. Mais je voudrais rappeler ici notre fidélité, qui a été constante dans les moments faciles comme dans les moments plus difficiles.
Notre soutien sera là pour l’année qui vient, le même que l’année dernière, un peu moindre que les années d’avant, parce que le Département ne peut pas, dans la situation qui est la sienne, aller plus loin. Quoi qu’il en soit, au-delà de l’argent, ce qui compte, ce sont les idées, c’est la solidarité. Et tout ça, on l’a ici et on le met au service de ce nouveau projet.
Alors, effectivement, il faut accepter de changer les habitudes, de voir autre chose. Mais je sais qu’on doit voir ici grand. On va voir ambitieux, sans pour autant perdre notre identité et nos valeurs. On va continuer ici, au Channel, à faire de la belle culture. On va se poser des questions, on va échanger, on va partager, de la librairie au restaurant jusqu’à la scène.
Donc, personnellement, je suis ravie. Bravo déjà à Sophie, à ses équipes, à tous ceux qui y croient et qui, avec nous, vont faire rayonner le Channel.
Faustine Maliar
Intervention au titre de la Région Hauts-de-France
Bonsoir à toutes et à tous. Beaucoup de choses ont déjà été dites. Je voudrais d’abord vous dire que je suis ravie d’être devant vous ce soir, parce que je crois que l’image qu’on donne ce soir n’aurait pas été possible voilà encore quelques semaines. Je vous le dis aussi clairement que je le pense.
Les équipes du Channel, avec qui je partage un certain nombre de réunions depuis quelques mois, quelques semaines, connaissent mon franc parler, je n’ai pas l’intention d’en changer et je pense, comme l’a dit aussi madame le maire, que l’important, ce n’est pas les crises : c’est d’être capables, ensemble, de trouver des solutions pour en sortir.
Et là-dessus, je voudrais tirer quand même mon chapeau à Sophie. Sophie, c’est quand même un choix qui a fait consensus entre l’ensemble des partenaires publics. Et là encore, je peux vous dire que, que ce soit dans le domaine culturel ou dans n’importe quel autre domaine par ailleurs, ce n’est pas tous les jours qu’il y a un consensus aussi franc, aussi clair, qui se dégage entre l’ensemble des partenaires publics qui sont aujourd’hui représentés.
Pourquoi on a choisi Sophie ? Et moi c’est de ça dont j’ai envie de vous parler ce soir, plutôt que de vous parler chiffre, que de vous parler budget, on a choisi Sophie parce que déjà elle proposait un projet joyeux. Elle a proposé un projet qui répondait à ce qui est pour nous l’un des objectifs prioritaires : ouvrir la culture, et le Channel en l’occurrence, à l’ensemble de la population. Et je dis bien l’ensemble de la population, parce qu’on est dans une région, on est dans un territoire, on est dans une ville, Calais, qui est populaire.
Pour nous, ce qu’on souhaite, aussi bien avec ma casquette de vice-présidente de Région avec Xavier Bertrand que de 1ere adjointe de Natacha Bouchart, c’est de faire en sorte que la culture soit accessible à tous. Et Sophie a bien compris ça. Elle l’a bien compris et je trouve qu’elle le démontre déjà aujourd’hui avec la charte graphique qui nous est proposée, comme Madame Le Maire le disait et qui reprend des symboles extrêmement forts de l’identité calaisienne, du patrimoine. Déjà ça, pour nous, c’est un premier symbole qui est évidemment très encourageant, et on a hâte de voir la suite.
Vous dire aussi qu’on est dans une région qui a fait le choix d’augmenter très considérablement le budget alloué à la culture depuis maintenant dix ans. Et la culture est une priorité de la politique régionale menée par Xavier Bertrand. Ça peut aller de soi dans certaines régions, c’est peut-être une évidence en Île-de -France, mais je peux vous dire que ça l’était beaucoup moins dans la région il y a quelques années, contrairement à ce qu’on peut penser. La Région, c’est 700 000 euros. 700 000 euros, c’est un chiffre ; ça peut ne pas dire forcément grand-chose à certains, mais derrière ce sont des projets très concrets qui sont financés et c’est sur ça qu’on a aussi très envie de vous accompagner.
Je voudrais également avoir un mot pour l’ensemble des administrateurs. On a eu des réunions parfois difficiles, je le dis, je ne le cache pas, mais avec qui je crois on a su instaurer un dialogue franc, ouvert. Avec les représentants du personnel aussi sur les dernières réunions de ces derniers mois. Je sais que ça n’a pas été simple pour vous. Je sais que ça ne l’est toujours pas aujourd’hui, mais on a réussi à se parler. Et quand on se parle, tout est possible. En tout cas, c’est ma vision de la société et c’est aussi pour ça que je me suis engagée et que je fais de la politique aujourd’hui, très clairement.
Je voulais simplement vous souhaiter à tous une très belle saison. Remercier aussi Marie-Claire pour son engagement, d’avoir accepté de reprendre une présidence dans des conditions pas évidente. J’associe aussi à mes remerciements Olivier Noyon, vice-président, l’ensemble du bureau, des administrateurs. Nous sommes engagés avec vous, on a hâte de voir la suite, d’écrire cette nouvelle page.
Et oui La Région Hauts-de-France est fière de compter le Channel parmi son réseau de scènes nationales. Nous en avons plusieurs dans la région. La ville de Calais peut être fière de pouvoir compter aussi sur sa scène nationale pour participer à son rayonnement, à son attractivité et surtout à son ouverture vers le monde, à son ouverture vers l’ensemble des quartiers, y compris les quartiers les plus populaires.
Et je terminerai en trouvant un symbole extraordinaire ce soir, c’est d’être arrivée ici et d’avoir vu le varan dans la cour du Channel pour vous accueillir. Très belle saison à toutes et à tous.
Agathe Curie
Sous-préfète de Calais – intervention au titre de l’État
Alors, vous le savez, l’État parle en dernier. Le désavantage, c’est que vous en avez tous marre des discours ; l’avantage, c’est que beaucoup de choses ont déjà été dites, donc c’est bref.
Simplement, je veux tout simplement vous dire tout le bonheur que j’ai d’être en face de vous. Parce qu’avec la Direction régionale des affaires culturelles nous travaillons beaucoup sur l’offre culturelle à Calais.
D’abord parce qu’on a une collectivité qui est exigeante sur le sujet, donc on n’a pas le choix, sinon on se fait taper sur les doigts. Et ensuite parce que c’est un vrai engagement, une très sincère conviction que Calais est une ville de rayonnement culturel.
Et à travers cette scène nationale, ce n’est pas seulement une offre culturelle, c’est aussi une proposition de création : la création exigeante pour tous. Et c’est précisément là que Sophie Mugnier a la lourde charge de faire vivre ce label Scène nationale, et pour laquelle on espère l’accompagner à la hauteur de ses ambitions.
En tout cas, on veut une culture de territoire, une culture accessible, une culture exigeante et une culture de bonheur, de plaisir, de réflexion, d’interrogation : tout ce que peut offrir une scène nationale sur un territoire.
Donc, hâte de voir comment cette métamorphose va se poursuivre, et très heureuse d’être parmi vous ce soir et de vous voir aussi nombreux.
Sophie Mugnier
Directrice du Channel
Merci Marie-Claire. Merci à vous toutes. Avant tout, je suis ravie d’être là, avant de vous dévoiler cette nouvelle saison. Vous savez que le Channel, ce n’est pas que la scène nationale, c’est aussi les Grandes Tables et la librairie. Donc je voudrais inviter Alexia et David à me rejoindre, ainsi que Laura et Céline.
[Après les interventions de la librairie, des Grandes Tables et de deux enseignantes missionnées, Sophie Mugnier reprend la parole]
Parlons de cette saison. Vous avez compris : contexte particulier, saison particulière. Cette nouvelle saison, ce sera le premier pas vers un nouveau projet ; ce sera le début d’une histoire.
Et puis vous avez sans doute compris aussi que tout l’écosystème culturel français vit un bouleversement majeur. On est au-devant de défis économiques, écologiques, démocratiques inédits depuis la Seconde Guerre mondiale. Cela nous contraint à chercher de nouvelles manières de faire.
Et souvent, vous nous interpellez et vous nous dites : « Mais nous-mêmes, à l’échelle individuelle, qu’est-ce qu’on peut faire ? » Il y a une chose, peut-être, en tout cas qu’on vous propose : c’est de rejoindre le Channel Social Club.
Le Channel Social Club, c’est l’idée de proposer à tous ceux qui ont des idées, des envies, de réfléchir avec nous à ce que peut être le Channel demain. Même si c’est une grande utopie. Vous pouvez laisser vos coordonnées, vos disponibilités, vos idées. Et puis on constituera des groupes, peut-être thématiques. On verra en fonction des retours.
Et en tout cas, venez participer. Plus on est nombreux, plus on rit et plus on va loin. Voilà, ça, c’est le Channel Social Club.
[La présentation détaillée des spectacles de la saison commence ensuite. Elle n’est pas reproduite dans ce document.]

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