Le mercredi 17 juin, à la MRES de Lille, Cancer Colère – Hauts-de-France organisait une conférence avec l’Alliance contre les pesticides Hauts-de-France.
Avec
Fleur Breteau, fondatrice de Cancer Colère
Judith pour Générations Futures,
Antoine pour la Confédération paysanne,
Marie pour les Amis de la Confédération paysanne
Joe pour Extinction Rebellion / Les Soulèvements de la terre.
On parle souvent du cancer comme d’un drame personnel, d’un malheur qui frappe comme un accident grave. Une histoire d’effondrement du corps, d’hôpital, de chimio, de courage mobilisé face à l’épreuve, de deuil avant le deuil. Une maladie que chacun est amené à régler depuis chez lui avec ses plus proches, comme retiré de la société. Pour celles et ceux qui vivent ou ont vécu ces moments, cette conférence libère franchement. Les cancers ne tombent pas du ciel. Il y a des produits, des décisions politiques, des industriels, des choix agricoles, des responsables.
Des chiffres qui donnent le vertige
– En France, 433 000 nouveaux cancers ont été estimés en 2023. Le nombre de nouveaux cas a doublé depuis 1990.
– En 2023, sa prise en charge représente 27 milliards d’euros pour l’Assurance maladie. 13 % des dépenses totales remboursées.
– Le coûts des traitements explosent. La Cour des comptes note que les médicaments anticancéreux innovants délivrés à l’hôpital sont passés de 3,3 milliards d’euros en 2018 à 5,9 milliards en 2022. Certains traitements coûtent plusieurs dizaines de milliers d’euros par an. D’autres plusieurs centaines de milliers.
– A l’échelle mondiale, le marché des médicaments contre le cancer est immense : 252 milliards de dollars en 2024. Il pourrait atteindre 441 milliards de dollars en 2029.
Fleur Breteau raconte son cancer, les proches malades, les gens croisés à l’hôpital. Puis ce moment à l’Assemblée nationale, face aux élu·es qui défendent la loi Duplomb. Ce moment repris dans les médias où elle se lève et lance : « Vous êtes les alliés du cancer et on le fera savoir »
Judith, médecin généraliste et membre de Générations Futures se demande pourquoi met-on autant d’argent pour dépister et soigner les maladies, et si peu pour supprimer ce qui les provoque.
Antoine, paysan à la Confédération paysanne, refuse qu’on oppose les malades aux agriculteurs. Le problème, c’est un modèle agricole industriel qui pousse à produire toujours plus, avec toujours plus de pesticides. Dans la région, il parle notamment de la pomme de terre, de l’endive, de la betterave. Des (sur)productions prises dans une agriculture de rendement, de tonnage, de compétition.
Joe, pour Extinction Rebellion et Les Soulèvements de la Terre, rappelle que les pesticides vont avec un système plus large : accaparement des terres, de l’eau, des ressources, au service de l’agro-industrie.
Le cancer est une maladie terriblement politique.

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