
Pour la troisième matinée consécutive, une trentaine de personnes exilées et de soutiens se sont rassemblées jeudi 4 juin sur le rond-point situé aux abords du centre hospitalier de Calais, poursuivant une mobilisation initiée en début de semaine par des habitant·es du lieu de vie voisin.

Comme les jours précédents, banderoles et slogans ont dénoncé les expulsions répétées et la destruction des tentes du campement. Malgré le vent et la pluie, les participant·es sont resté·es mobilisé·es jusqu’en milieu de matinée. Réfugié·es et soutiens se sont relayés au mégaphone pour faire entendre leurs revendications et leurs témoignages.Aucune expulsion n’a finalement eu lieu ce jeudi. Depuis le début de la semaine, les participant·es se retrouvent chaque matin sans savoir si une opération policière aura lieu, illustrant l’incertitude permanente dans laquelle vivent les habitant·es du campement et l’usure provoquée par la menace constante d’une nouvelle expulsion.

L’après-midi, une réunion était organisée en sous-préfecture autour de la situation locale. Alors que les rassemblements de ces derniers jours ont permis à plusieurs personnes exilées de prendre publiquement la parole et de porter elles-mêmes leurs revendications, aucune d’entre elles n’a finalement participé à cette rencontre institutionnelle.
Pour les personnes mobilisées, cette absence interroge. Depuis trois jours, la mobilisation ne consiste pas seulement à dénoncer les expulsions. Elle permet aussi à des hommes et des femmes habituellement réduits à des statistiques, à des dossiers administratifs ou à des variables de politiques publiques de réapparaître comme des acteurs politiques à part entière.



En prenant le mégaphone, en écrivant des témoignages ou en formulant des revendications, les personnes exilées s’affirment progressivement comme capables de parler de leur propre situation plutôt que d’être seulement parlées par d’autres.

✏️ Pierre Muys
📷 Delphine Lefebvre

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