Une trentaine de personnes se sont rassemblées mercredi 3 juin au matin sur un rond-point situé aux abords du centre hospitalier de Calais. Banderoles, pancartes et slogans en plusieurs langues accompagnaient cette nouvelle mobilisation contre les expulsions répétées des lieux de vie occupés par des personnes exilées.

Cette action faisait suite à une première mobilisation organisée la veille. Mardi matin, plusieurs dizaines d’habitant·es du campement situé à proximité avaient participé à un sit-in lors d’une nouvelle opération d’expulsion menée par les forces de l’ordre. Au fil de la matinée, le rassemblement avait grossi pour atteindre plusieurs centaines de personnes, au rythme des expulsions et de l’arrivée des habitant·es contraints de quitter leur lieu de vie.











Selon plusieurs personnes impliquées dans l’organisation, cette mobilisation trouve son origine dans la colère suscitée par une série d’expulsions particulièrement rapprochées. Trois semaines plus tôt, le même lieu de vie avait été visé trois jours de suite.
« La police arrive tôt le matin. Elle prend les tentes des personnes, leurs affaires personnelles, leurs matelas, leurs chaises », raconte une habitante de Calais présente sur place. « On ne peut pas empêcher les gens d’essayer de s’installer un petit peu. »

Face à cette situation, des discussions se sont engagées entre des habitant·es du campement, des associations et des soutiens locaux. De ces échanges est née l’idée de rendre visible une réalité souvent reléguée à la périphérie de la ville.
« Derrière ces bois, il y a des êtres humains », résume la militante. « Ces gens demandent juste qu’on les laisse vivre en paix. »

Pour elle, la mobilisation répond avant tout aux souhaits exprimés par les habitant·es du lieu de vie eux-mêmes. Mardi, ils souhaitaient organiser un sit-in pacifique. Mercredi, ils ont demandé un rassemblement avec pancartes et slogans afin de rendre visible leur situation auprès des automobilistes qui empruntent quotidiennement cet axe desservant le centre hospitalier, les zones logistiques et plusieurs entreprises du secteur.
« Tous les jours, les gens passent devant cet endroit sans savoir ce qui s’y passe. Nous voulons leur montrer cette réalité et ne pas rester dans l’indifférence. »
Les participant·es réclament la fin des expulsions répétées, l’arrêt des saisies d’effets personnels et la mise en place de solutions d’hébergement adaptées sur le littoral.
À l’issue du rassemblement, plusieurs personnes évoquaient déjà la possibilité de poursuivre la mobilisation dans les prochains jours.
Texte : Pierre Muys
Photos : 1 Pierre Muys 2 à 5 Delphine Lefebvre

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