L’école du Calaisis rassemblée contre les fermetures de classes

Près de 200 personnes se sont rassemblées mardi 31 mars devant la sous-préfecture de Calais pour dénoncer les fermetures de classes et suppressions de postes annoncées à la rentrée 2026.

Des écoles venues faire du bruit

Les parents d’élèves étaient venus en nombre, souvent accompagnés de leurs enfants, bien conscients de ce qui se joue derrière la nouvelle carte scolaire. La mobilisation la plus visible (et sonore!) venait de l’école Roger Macke de Coulogne mais des familles de l’école maternelle Florian de Boulogne-sur-Mer et de l’école de Fréthun avaient également fait le déplacement. Mobilisation notable aussi du côté de l’école Delaroche, qui poursuivra ses actions demain.

Une délégation de la CGT du Centre Hospitalier de Calais était aussi présente, prolongeant la solidarité entre services publics mis sous pression.

Côté politique, on remarquait la présence de Jean-Philippe Lannoy, Nicolas Vernalde, ainsi que d’une délégation d’élu·es du Rassemblement national, dont Sandrine Desmaret. Le maire de Fréthun, Guy Heddebaux, était également présent, écharpe tricolore en bandoulière, pour défendre l’école de sa commune.

De l’école primaire au lycée, une même bataille pour les moyens

Les prises de parole syndicales ont insisté sur la même alerte : la baisse démographique sert une nouvelle fois de prétexte à la suppression de moyens, alors qu’elle pourrait au contraire permettre d’améliorer les conditions d’apprentissage et de mieux accompagner les élèves en difficulté. « Nos élèves ne sont pas des variables d’ajustement », a notamment lancé Lucie Rozanes, du SNUDI-FO 62.

Dans le Calaisis, Marie-Line Chivet qui énumérait les suppression de postes rappelait ainsi que onze fermetures de classes sont annoncées, dénonçant une logique qui dégrade à la fois les conditions d’étude des élèves et le travail des équipes pédagogiques.

Le maire de Fréthun, interviewé dans le cortège, résumait l’enjeu à hauteur de commune: une fermeture décidée pour cinq élèves en moins seulement peut suffire à bouleverser tout l’équilibre d’une école. « Quand on ferme une classe, on jette la clé, on ne la rouvre jamais », alertait Guy Heddebaux. À la clé justement, des classes doubles qui pourraient monter jusqu’à trente élèves.

Le rassemblement faisait aussi écho aux mobilisations récentes dans le secondaire. Présent dans le cortège, Olivier Carraud, enseignant au lycée Léonard de Vinci revenait sur la lutte menée dans son établissement au début du mois, où trois jours de grève ont déjà permis de faire reculer certaines suppressions d’heures et de postes. Une preuve, selon lui, que la mobilisation peut encore peser, à condition qu’elle s’étende des écoles aux collèges et lycées.

Article et reportage Pierre Muys