Calais la Sociale vous invite à une rencontre avec le journaliste Antoine Tricot autour de son livre : “Travailler, travailler encore. Dockers en lutte à Dunkerque”
Jeudi 26 mars à 18h30
Maison d’entraide et de Ressources (4 rue de Croy, Calais)

Dans son livre, Antoine Tricot s’intéresse à une question rarement posée dans les récits de luttes sociales : que devient un collectif ouvrier lorsque la bataille est perdue et que disparaissent à la fois le travail et le syndicat qui unissaient celles et ceux qui luttaient ensemble ?
Après la réforme portuaire des années 1990, des centaines de dockers dunkerquois perdent leur statut et leur emploi. Pour beaucoup, la défaite signifie la dispersion : reconversions forcées, chômage, trajectoires individuelles. Mais un petit groupe refuse cette dissolution. Plutôt que de se retrouver isolés face au chômage, ces anciens dockers décident de rester ensemble. Ils créent une coopérative et tentent de maintenir ce qui faisait leur force sur les quais : des pratiques collectives, des solidarités concrètes et une culture ouvrière forgée dans la lutte.
Le livre raconte cette expérience singulière. Il montre comment, même après la disparition du travail qui les unissait et l’affaiblissement des structures syndicales qui organisaient leurs combats, ces hommes cherchent à préserver un collectif capable de résister à l’individualisation des situations imposée par le chômage et les politiques de restructuration.
Se réunir à Calais autour du chômage
Cette réflexion résonne fortement dans le Calaisis. Depuis plusieurs décennies, le territoire a connu un effondrement progressif de son tissu industriel et ouvrier.
Les fermetures successives dans le textile, la chimie, la métallurgie ou encore les activités portuaires ont profondément transformé la ville et ses alentours.
Chaque fermeture d’usine n’emporte pas seulement des emplois : elle fragilise aussi les solidarités qui se construisaient dans le travail, les collectifs d’atelier, les sections syndicales, les habitudes de lutte et d’amitié.
En une dizaine d’années, près d’un millier de travailleuses et travailleurs ont ainsi été poussés vers le chômage dans le Calaisis à la suite de restructurations industrielles.
Comment maintenir ou reconstruire du collectif lorsque les lieux du travail disparaissent ?
Car l’histoire racontée par Antoine Tricot suggère peut-être une leçon simple mais profonde. La bataille d’un collectif ne se mesure pas seulement à sa capacité à faire triompher des revendications ou des idées. Elle se joue aussi dans quelque chose de plus obstiné : la capacité à rester soudé, à se maintenir ensemble malgré la défaite, le chômage, la maladie. Faire front face aux ordres de dispersion.
Rendez vous Jeudi 26 mars à 18H30, à la Mer
