Municipales : Lutte ouvrière une lanterne rouge qui refuse d’éteindre la conscience de classe

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Début d’après-midi dans le quartier du Beau-Marais, à deux pas de la salle Calypso. Le coffre de la voiture de Lucille est ouvert, le seau de colle posé au pied du panneau électoral. Les affiches sortent du carton.

Lucille Nicolas est enseignante et tête de liste Lutte ouvrière pour les municipales calaisiennes. Olivier Carraud, lui aussi enseignant, est deuxième sur la liste. Entre deux coups de brosse et quelques gestes pour lisser l’affiche encore humide, ils expliquent ce qui les a amenés dans cette campagne.

Avec cet article, nous clôturons le panorama consacré aux trois listes de gauche déclarées dans la campagne municipale calaisienne.

Faire entendre le camp des travailleurs

La liste qu’ils conduisent rassemble 49 travailleuses et travailleurs : ouvriers, employé·es, aides-soignant·es. Une composition fidèle à ce que Lutte ouvrière revendique depuis toujours : faire en sorte que le monde du travail puisse parler en son nom propre dans une élection dominée, selon eux, par des professionnels de la politique.

« Les travailleurs ne sont pas représentés par les politiciens. Il faut que les travailleurs se représentent eux-mêmes. »

Lucille Nicolas.

Chez Lutte ouvrière, les élections ne sont pas seulement un moment de compétition entre programmes municipaux. La campagne sert aussi de tribune politique. Un moment pour analyser le système économique et défendre une idée simple : celles et ceux qui produisent les richesses pourraient aussi décider de la manière dont elles sont utilisées.

Autour du panneau, la discussion glisse rapidement vers la situation sociale locale : les usines qui ferment, les aides publiques versées aux grandes entreprises, mais aussi la place particulière qu’occupe Calais.

Ville-frontière, ville de transit, traversée chaque jour par des milliers de camions et de marchandises, tandis que d’autres, sans les bons papiers, se heurtent à la frontière.

« On nous répète qu’il n’y a pas d’argent pour les hôpitaux, les écoles ou les logements. Mais on voit bien que l’argent public sert aussi à subventionner les grandes entreprises. »

Olivier Carraud

Refuser de se cantonner à la gestion locale

Pour les candidat·es de Lutte ouvrière, une campagne municipale ne doit pas se limiter aux questions de gestion locale. Se contenter de parler trottoirs, stationnement ou espaces verts reviendrait, selon eux, à accepter que les décisions les plus importantes soient prises par d’autres, ailleurs.

Eux préfèrent élargir la discussion : conditions de travail, politiques économiques, tensions internationales.

Dans leur analyse, les difficultés locales sont liées à un système plus vaste. Et ce système, disent-ils, pousse aujourd’hui vers de nouvelles confrontations entre puissances et vers une marche à la guerre.

Evoquer ces questions dans une campagne municipale n’est pas pour les candidats trotskistes un détour. C’est une manière de rappeler que les conditions de vie dans une ville comme Calais dépendent aussi de choix politiques et économiques qui se décident bien au-delà de l’échelle locale.

LIste lanterne rouge

Dans les scrutins municipaux, Lutte ouvrière se retrouve souvent en queue de peloton électoral. La lanterne rouge, comme dans le cyclisme.

Celle qui ferme la marche. Mais qui éclaire aussi !

Le petit parti trotskyste revendique ce rôle : maintenir vivante une tradition marxiste exigeante, fondée sur la conscience de classe, l’internationalisme et l’idée que l’émancipation des travailleurs ne peut venir que d’eux-mêmes.