à Calais, Des militant·s de l’AFPS agressé·es lors de leur rassemblement hebdomadaire

Samedi soir vers 18h30, la section calaisienne de l’AFPS (Association France Palestine Solidarité) tenait son rassemblement hebdomadaire au pied de la tour du Guet, dans le quartier Calais-Nord. Comme chaque semaine depuis plus de deux ans, militantes et militants se retrouvent à cet endroit pour afficher leur solidarité avec le peuple palestinien et échanger avec les passants.

Alors que le groupe discute tranquillement, banderole et drapeaux palestiniens déployés, deux hommes anglophones passent une première fois à proximité et profèrent des insultes. Un comportement désagréable mais auquel les militants disent parfois être confrontés, tant la situation à Gaza attise parfois des réactions hostiles.

Les deux individus s’éloignent puis reviennent quelques minutes plus tard. Cette fois, ils traversent directement le groupe et la situation dégénère.

Une agression au cœur du rassemblement

Jean-Jacques Triquet, président de l’AFPS de Calais, raconte :

« Ils sont venus une première fois à côté de nous pour insulter certains camarades. Puis ils ont continué leur chemin pour revenir quelque temps plus tard. Et là ils étaient décidés à nous rentrer dedans. Au lieu de nous contourner comme ils avaient fait la première fois, ils sont entrés directement dans le groupe en bousculant les uns et les autres. Laurent a reçu un coup de poing dans la nuque. Isabelle, son épouse, a été bousculée et s’est retrouvée par terre. Dans sa chute elle a failli se cogner la tête sur une moto qui était garée là. »

Les deux hommes continuent à invectiver les militantes et militants présents.

« Ils m’ont pris à partie en me menaçant et j’ai évité un coup de boule. Après ils m’ont craché dessus et ont arraché le drapeau palestinien que j’avais en main pour le balancer dans la fontaine. Je suis allé le récupérer et là ils sont revenus à la charge, toujours menaçants. Tu sais, avec l’attitude du boxeur, les deux poings devant eux, prêts à en découdre… Je ne réagis pas, histoire de faire redescendre un peu la pression. Les copains étaient tous derrière moi… »

Finalement, les deux hommes quittent les lieux en direction de la rue de la Mer.

Laurent, qui a reçu le coup de poing, décrit lui aussi une agression rapide et sans véritable échange :

« Ils se sont bornés à des “fuck off”, pas de messages politiques. Juste les drapeaux palestiniens ont dû les énerver. On était deux ou trois devant, j’ai pris un coup de poing derrière l’oreille. Le gars m’a frappé là où il était assuré d’avoir un KO je pense. Ils voulaient cogner ce qu’on représentait. »

La police est appelée sur place. Une patrouille vient recueillir les témoignages et effectue des recherches dans le quartier pour tenter de retrouver les deux individus.

Un des deux agresseurs, à gauche sur la photo (source : AFPS)

Une main courante pour garder une trace

Les trois militants se rendent ensuite au commissariat afin de déposer plainte. En l’absence de blessures constatées ou d’interruption temporaire de travail, seule une main courante peut finalement être enregistrée.

Pour Laurent, la démarche restait néanmoins importante :

« On voulait déposer plainte pour se protéger à l’avenir. On ne sait pas si ces gens vont revenir un autre samedi, avec plus de monde… »

Pour les militants présents ce soir-là, l’agression vise clairement un groupe pacifique composé pour beaucoup de personnes retraitées.

Jean-Jacques Triquet poursuit :

« Isabelle, c’est quelqu’un de très frêle. Je sais bien pour ma part que je suis impressionnant (ironique), mais quand même… oui, c’est vraiment s’attaquer à des plus faibles. Ils auraient peut-être aimé qu’on réagisse violemment pour pouvoir en découdre. Comme ça n’a pas été le cas, ils sont partis déçus certainement. Le collectif a été suffisamment intelligent pour ne pas réagir. »

L’association doit évoquer cette agression lors de sa prochaine réunion. La question de la mobilisation nationale contre le racisme et l’extrême droite, prévue samedi prochain dans toute la France, y sera également abordée.