Depuis mercredi 5 mars, les enseignant·es du Lycée Léonard-de-Vinci sont en grève et mobilisé·es contre la réduction progressive des moyens accordés à leur établissement.
En sept ans, 692 heures d’enseignement ont été supprimées, entraînant des pertes de postes, des classes plus chargées et la remise en cause de certaines conditions d’apprentissage, notamment dans les disciplines scientifiques.
Devant l’entrée du lycée, Olivier Carraud, délégué syndical SNES-FSU, et Nicolas Lenglet, professeur de SVT, expliquent les effets très concrets de ces décisions sur les équipes pédagogiques et sur les élèves.
La mobilisation doit se conclure vendredi par un déplacement à Lille pour rejoindre la manifestation régionale de l’Éducation nationale.
« Ce sont des choix politiques »
Pour Olivier Carraud, la baisse démographique souvent invoquée pour justifier les suppressions de moyens ne suffit pas à expliquer la situation. Selon lui, il s’agit d’abord de choix budgétaires.
« La baisse démographique, c’est le prétexte. De l’argent, il y en a. La question, c’est où on le met. »
Dans l’établissement, ces réductions se traduisent notamment par des collègues contraints de quitter le lycée malgré une ancienneté importante.
« J’ai des collègues qui vont perdre leur poste après seize ou dix-sept ans dans l’établissement. »
Moins de moyens pour les sciences
La réduction de la dotation horaire oblige également le lycée à supprimer certains groupes de travaux pratiques, notamment en SVT.
Pour Nicolas Lenglet, professeur de la discipline, ces décisions ont des conséquences directes sur la formation des élèves.
« On nous demande de faire des cours d’une heure trente de SVT en classe entière sans manipulations. Pour une matière scientifique, c’est très problématique. »
Le professeur observe également que certains élèves arrivent désormais au lycée sans avoir eu accès aux manipulations scientifiques de base.
« Je découvre des élèves qui n’ont jamais utilisé un microscope en arrivant en seconde. »
Pour les enseignants mobilisés, ces réductions fragilisent particulièrement un établissement qui accueille des filières scientifiques et technologiques, notamment la filière STL tournée vers les métiers de laboratoire et de l’industrie.
La mobilisation doit se poursuivre vendredi avec un déplacement à Lille pour rejoindre la manifestation régionale.
Pierre Muys
REBOND
Il y a deux ans, nous venions dejà devant l’entrée du lycée pour une précédente vague de suppression de postes :
