Bon matin les calaisien·nes : de nouveaux enrochements dans le quartier du Virval

La politique du « zéro point de fixation » de la majorité sortante de la Ville de Calais se poursuit, inlassablement. Dans le quartier du Virval, un nouveau déversement de rochers est en cours ce matin.

Cette doctrine, mise en œuvre depuis le démantèlement de la « jungle de Calais » il y a près de dix ans, s’oppose à tout réflexe local d’entraide et d’hospitalité. Elle prétend endiguer ce qu’elle désigne, par un prisme xénophobe, comme une « invasion migratoire ».

Or, c’est un échec manifeste.
En quatre ans, entre 2022 et 2025, plus de 153 000 tentatives de passage vers le Royaume-Uni ont été recensées. L’année 2025 à elle seule atteint un record, avec 41 472 traversées, selon les chiffres du gouvernement britannique.

Si ces enrochements perdurent, ce n’est donc pas pour réduire les passages.
Ces milliers de tonnes déversées servent à produire un récit politique local, destiné à rassurer et mobiliser un électorat sensible aux discours sécuritaires. Une mise en scène de la fermeté, alors même que les résultats démontrent l’inefficacité de la politique menée. Une opération de communication électorale, coûteuse et destructrice. Rien de plus.

L’enrochement est l’aveu ultime de l’échec.
Quand une politique locale n’a plus que la destruction de l’espace public à proposer, ce n’est plus une stratégie : c’est un renoncement. Ces espaces ne sont plus des campements, mais ils ne redeviennent ni des parcs, ni des lieux de promenade, ni des espaces communs. Ils deviennent des zones mortes, hostiles à toutes et tous.

Et ce renoncement s’inscrit dans une histoire plus large.
Entre les enrochements et les friches industrielles, la ville est parsemée de lieux que les politiques locales, nationales et européennes ont laissés en ruine. Des espaces sacrifiés, rendus inutilisables, comme si l’abandon tenait lieu de projet.

Faire de la politique d’extrême droite pour prétendre empêcher l’extrême droite d’advenir : voilà le paradoxe.
La seule question qui reste est simple : à qui profite ce sabotage ?

Pierre.
Crédit photo : « un citoyen sensible à l’utilisation de l’argent public pour un projet plus humain »