« Notre seul crime était de demander l’asile » soutien aux détenus de Harmondsworth et Brook House

Plus de 175 demandeurs d’asile détenus dans les centres de Harmondsworth et Brook House (Royaume-Uni) ont lancé une alerte sur leurs conditions de détention, décrites comme inhumaines : détention prolongée, absence de soins médicaux, violences physiques et psychologiques, isolement, difficultés d’accès à un avocat.

Ils dénoncent aussi des expulsions forcées vers la France, dans le cadre des accords franco-britanniques, parfois sans prévenir les familles.

En soutien à cet appel, un rassemblement a eu lieu ce mercredi 14 janvier à 18h, place d’Armes à Calais, pour rendre visible leur situation et lire publiquement leur communiqué, ainsi qu’un témoignage direct d’une personne détenue.

Sur place, Jade Lamalchi, coordinatrice de L’Auberge des Migrants , a rappelé l’origine de cette alerte :

« Pour contextualiser, vendredi dernier, l’Auberge des Migrants et d’autres associations, ainsi que des journalistes, ont reçu sur leur boîte mail un rapport de 4 pages, envoyé par un demandeur d’asile et soutenu par près 174 autres détenus dans ces centres de rétention. »

Elle a insisté sur l’urgence, au moment même où le rassemblement se tenait à Calais :

« Si nous avons choisi ce moment pour nous rassembler, c’est parce qu’à l’heure même où je vous parle, des détenus sont en train de protester à l’intérieur de ces centres, pour empêcher la déportation forcée de leurs camarades et pour dénoncer leurs conditions de détention. »

Dans leur texte, les détenus demandent que leur situation soit enfin rendue publique :

« Nous appelons d’urgence les organisations de défense des droits humains, la presse, la télévision et les médias à nous aider et à attirer l’attention sur notre situation. Il y a des centaines d’autres personnes dans des centres de détention à travers le Royaume-Uni confrontées à des conditions similaires. »

De nouvelles expulsions vers la France sont annoncées les 15 et 21 janvier.