Des Nimbes au monde : première à Douai

On dévoile aujourd’hui l’affiche de Des Nimbes au monde.
Et avec elle, la première projection publique du film.

C’est notre deuxième film documentaire, après Nos hommes.
Ce n’est pas une suite, mais c’est le même fil tendu, obstiné : regarder ce que devient le travail quand il est fragilisé, quand les collectifs sont attaqués, quand celles et ceux qui tiennent les lieux, les services, les outils, se retrouvent sommés de se taire ou de disparaître. Dans Nos hommes, il était question d’ouvriers, d’usine, de gestes et de fierté. Dans Des Nimbes au monde, ce sont d’autres métiers, d’autres espaces, mais la même bataille pour continuer à faire son travail sans renoncer à sa dignité.

Réalisé par Louise Bihan et Aurore Hapiot Froissart, Des Nimbes au monde raconte le combat des salarié·es du centre culturel L’Escapade, à Hénin-Beaumont, face à l’ingérence politique de l’équipe municipale.
Un conflit local, situé, mais qui dit quelque chose de très concret. La reprise en main d’un lieu, l’isolement des salarié·es, la remise en cause permanente de leur travail. Jusqu’au moment où continuer à faire son métier devient, en soi, un acte de résistance.

Mais le film ouvre aussi sur l’ailleurs.
Parce que cette histoire n’est pas une exception. Ce qu’il se passe avec l’Escapade raconte ce qui a lieu partout dans ces lieux culturels qui se retrouvent fragilisés par le chantage à la subvention, menacés dès qu’ils ne rentrent plus dans la ligne politique locale, dès qu’ils gardent une part d’expression indépendante. De Saint-Étienne à Perpignan, du Mans à Saint-Brieuc, et jusqu’ici, chez nous, au Channel de Calais, les mêmes questions reviennent : qui décide de ce qui doit exister, être créé, être diffusé ? Qui contrôle ? Qui met au placard le personnel, licencie illégalement des directeurs ? qui a le pouvoir de réduire l’art à la fonction de propagande ou au silence ?

Sortir ce film n’a pas été simple.
Il a fallu du temps, de l’énergie, des discussions, des doutes, de la ténacité. Il a fallu tenir quand le sujet dérange, quand il déborde, quand il ne se laisse pas réduire à un « cas ». Cette première projection est donc un moment important pour nous.

Nous pensons aussi, à travers ce film, à celles et ceux qui aujourd’hui encore subissent des représailles pour s’être engagés.
Notre soutien va à Djelloul, syndicaliste Sud CT, actuellement menacé par une procédure de licenciement par l’équipe municipale d’Hénin-Beaumont.

Ce que raconte le film n’appartient pas au passé. C’est la chronique d’une histoire en cours.

La projection du 9 février est la première rencontre publique avec Des Nimbes au monde. D’autres dates seront bientôt annoncées. Aidez nous et venez soutenir cette première projection,
Soutenons nous et diffusons ce film où nous avons encore le pouvoir de le faire.