L’urgence de sauver la M.E.R

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Illustration : Loup Blaster

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La Maison d’Entraide et de Ressources,
ou pourquoi un lieu compte

Un lieu n’est jamais neutre.
Il est une production sociale, traversée de rapports de force.

Les luttes ne s’inventent jamais hors-sol. Elles naissent toujours d’espaces partagés, concrets, habités. Kristin Ross l’a rappelé en parlant de la forme-commune : partout où des personnes se réapproprient un espace, elles se réapproprient aussi leur capacité à faire monde ensemble.

La Maison d’Entraide et de Ressources (M.E.R) de Calais s’inscrit dans cette histoire. Elle prolonge, à sa manière, celle des Bourses du travail : ces maisons ouvrières où se mêle coordination, culture populaire, éducation, solidarité matérielle. Des lieux où la colère peut se transformer en organisation, où les existences fragmentées deviennent force collective.

La M.E.R en est un héritage élargi. Elle n’est pas la maison d’un seul groupe social, ni d’un seul statut. Elle est celle de toutes celles et ceux qui subissent ou reconnaissent les oppressions contemporaines : économiques, raciales, patriarcales, environnementales. À Calais, elle est devenue un espace commun rare, là où tout pousse à l’isolement.

À la frontière,
tenir un lieu est déjà un acte politique

L’inhospitalité n’est pas naturelle.
Elle est fabriquée.

Chez nous, la frontière ne se contente pas de contrôler les passages : elle fragmente les vies, détruit les espaces de repos, empêche les rencontres, rend la solidarité elle-même suspecte. Dans ce contexte, disposer d’un lieu pour se réunir, apprendre, s’organiser ou simplement se poser est déjà une forme de résistance.

La M.E.R n’est ni un pôle humanitaire, ni un guichet d’assistance. Elle est un espace de reprise en main. On y apprend le français en présentiel, gratuitement, quand tant de dispositifs ont basculé vers des plateformes numériques excluantes. On y forme des médiateur·ices à partir de l’expérience même de l’exil. On y accueille chaque semaine des réunions interassociatives pour coordonner les actions à la frontière. On y fabrique de la mémoire, des récits, des images, des pratiques culturelles.

Ici, on ne fait pas qu’abriter des corps.
On rend possibles des alliances.
On crée de la mémoire et la durée.

Sans espace commun, il n’y a pas d’organisation possible, pas de transmission, pas de futur partagé.

Un lieu ouvert, vivant
et profondément utile

Depuis son ouverture, la M.E.R est devenue un point d’ancrage pour de nombreuses initiatives :
des cours de français langue étrangère, des formations universitaires, des permanences d’accès aux droits, des ateliers culturels et sportifs, des expositions, des concerts, des réunions de collectifs, des temps de réflexion et de stratégie.

Elle fonctionne comme une maison de quartier au sens fort : le quartier de celles et ceux qui cherchent des solutions, qui refusent les assignations, qui expérimentent d’autres manières de faire société.

Ce lieu existe et il fonctionne.
Il est utile, chaque semaine, pour des centaines de personnes.

Indépendance, élections municipales
et réalité matérielle

La M.E.R a ceci de précieux et de fragile qu’elle ne dépend ni d’un calendrier électoral, ni d’une promesse institutionnelle. À l’approche des élections municipales, tous parlent de solidarité, de lien social, de vivre-ensemble. Peu soutiennent concrètement les lieux qui rendent ces mots possibles. Aucune liste n’a, à ce jour, encore affiché clairement l’ambition de soutenir la Maison d’Entraide et de Ressources.

La M.E.R a donc la chance et la contrainte de son caractère alternatif : son indépendance, son autonomie, mais aussi la nécessité de compter sur un soutien collectif direct.

Des murs. De l’électricité. Du chauffage. Du matériel. Du temps humain.
Le commun ne tient pas par les discours seuls.

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Avec le départ d’un de ses principaux soutiens financier, la M.E.R entre aujourd’hui dans une phase de transition décisive. Pour continuer à maintenir un lieu ouvert, gratuit et inconditionnel en 2026, un don rapide est indispensable.

Il ne s’agit pas d’un projet hypothétique, ni d’un rêve lointain.
Il s’agit de maintenir un lieu existant, ici et maintenant.

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Donner à la M.E.R, c’est prendre part à un espace qui résiste concrètement à la frontière, à la fragmentation et à l’inhospitalité.

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