DES NIMBES AU MONDE – Chronique d’une résistance théâtrale

,

Un film produit par Calais la Sociale
Réalisé par Aurore Hapiot Froissart et Louise Bihan
Contact presse et diffusion : desnimbesaumonde@proton.me

Télécharger le dossier de presse

Bande-Annonce

Synopsis

Un piquet de grève, un soir d’automne. Des drapeaux, des chants, un bout de trottoir. Une scène banale. Mais pas à Hénin-Beaumont. Ce soir-là, le centre culturel de l’Escapade, lieu historique de la ville, se met en grève. Une lutte qui vient briser le silence apparent du quotidien. Alors que le maire Steeve Briois veut municipaliser le centre culturel associatif, on découvre derrière cette décision une certaine histoire de la violence du RN face à son opposition, qui vient ternir l’image de « dédiabolisation » voulue par le parti. Une histoire faite de mauvais coups, de diffamation, de mépris. Et en face, un collectif humain qui nait, qui expérimente, uni pour la défense du théâtre populaire.
L’histoire d’une lutte qui se crée là où elle n’aurait jamais dû avoir lieu. Deux visions de la culture qui s’affrontent, deux visions de comment faire monde ensemble. Une histoire qui sonne comme un avertissement pour la suite.

CONTEXTE

A Hénin-Beaumont, il existe une MJC depuis les années 1960. Dressant fièrement sa large baie vitrée à quelques centaines de mètres de la mairie, le centre culturel a proposé ateliers et spectacles à la population tout au long de ses 53 saisons.

Le bâtiment, possédé par la mairie, est géré depuis 1993 par une association, ce qui lui permet d’être financé par différentes collectivités locales. La mairie en est le principal financeur, aux côtés de la communauté d’agglomération.

En 2007, alors conseiller municipal, Steeve Briois prenait déjà en grippe la “propagande gauchiste » du lieu sur son blog. Arrivé aux commandes de la mairie en 2014, il laisse tranquille l’association lors de son premier mandat, soucieux de faire d’Hénin-Beaumont une vitrine respectable pour son parti. A partir de 2020, toutefois, la majorité municipale a resserré l’étau autour du centre culturel : en 2021, la mairie décide de ne plus financer les fluides du bâtiment, engendrant un coût supplémentaire pour l’association. En 2022, les ateliers de pratique musicale sont déplacés à l’école municipale de musique. En 2023, la responsable de la programmation jeunesse et de la communication, mise à disposition par la mairie, est mutée au service état civil.



Le centre culturel est ainsi amputé d’un précieux lien pour faire connaitre ses propositions culturelles auprès de la population, ce qui va impacter sa fréquentation. Le conseil d’administration demandera des explications à la mairie, sans réponse. En janvier 2024, une nouvelle convention est signée par le président seul avec la mairie, autorisant cette dernière à mettre fin à l’occupation du lieu par l’association.

En juin 2024, le directeur artistique est accusé de harcèlement moral par deux agents et est mis en arrêt maladie. En septembre, la lutte syndicale débute à l’Escapade, avec un premier piquet de grève. D’autres actions suivront. En octobre, la mairie notifie à l’association la non-reconduction du bail de mise à disposition du centre culturel, à partir du 24 janvier 2025.

Le 13 janvier 2025, l’association élit un nouveau président, après que soit reproché au précédent, en poste depuis vingt-trois ans, de gérer avec opacité l’association et de livrer sans bataille la salle à la mairie. Le 22 janvier, une réunion publique est organisée en urgence, suite à un courrier recommandé de la mairie confirmant l’expulsion imminente de l’association, malgré un recours gracieux. Cette réunion, qui a rempli la salle de spectacle, a permis de rassembler suffisamment de monde pour déménager l’intégralité des 2000 m2 de locaux, le lendemain. Le 24 janvier, l’association est définitivement expulsée du lieu. Depuis, la lutte pour la sauvegarde de l’Escapade continue sur d’autres fronts, par des spectacles hors-les-murs et des recours pour tenter de garder le nom et les fonds de
l’association.