

Pour saisir ce qui traverse les rues de Boulogne-sur-Mer en ce 22 novembre— les colères, les forces, les joies militantes — Boulogne La Sociale choisit de laisser la parole aux premières concernées.
Nous publions ici le discours d’ouverture de la manifestation rédigé par le collectif local de Nous Toutes, organisateur de la manifestation.
Nous sommes femmes, nous sommes fières et féministes et radicales et en colère.
Pourquoi allons-nous crier ce slogan ?
Parce que femmes, fières féministes et en colère.
Radical est un mot qui peut faire peur. que signifie-t-il pour nous ? la racine.
Prendre le mal à la racine !
C’est pour cela que nous sommes radicales! pour déraciner le patriarcat !
pour LUTTER CONTRE LES CAUSES SOCIALES ET ECONOMIQUES DU SYSTEME HETEROPATRIARCAL.





Faut-il rappeler que Le féminisme n’est pas un combat des femmes contre les hommes, c’est un combat des femmes et des personnes LGBTQI+ et de leurs alliés contre le système patriarcal. Nous allons défiler dans les rues pour exprimer notre colère.
Nous allons défiler dans les rues pour revendiquer des droits. Nous allons défiler dans les rues pour dénoncer la culture du viol. nous allons défiler dans les rues pour dénoncer et lutter contre toutes les formes de violence Pour la sécurité et le bien-être des plus vulnérables. Pour rendre hommage à toutes les victimes, à toutes celles qui souffrent et qui luttent, à toutes celles que nous avons perdues.

Les violences et l’impunité des agresseurs persistent 8 ans après l’élection d’Emmanuel Macron, malgré sa promesse de faire de la lutte contre les VSS une grande cause nationale. La plupart du temps, encore, les victimes ne sont pas crues, les plaintes classées sans suite. Le parcours judiciaire revictimise




Les victimes de violences sexuelles sont nombreuses : femmes, enfants, personnes handicapées, personne LGBTQI +, des hommes aussi victimes d’autres hommes. Les violences sexuelles et sexistes ont lieu partout dans la rue au travail à la maison, dans l’espace public et dans l’espace privé. Elles ont lieu partout et pourtant elles restent en partie invisibles. Elles ont lieu partout dans le monde et nous exprimons ici notre solidarité avec l’ensemble des femmes victimes, avec les femmes qui luttent… en Afghanistan, au Mexique, aux USA, en Inde et ailleurs et nos pensées vont en particuliers vers nos soeurs Palestiniennes et Soudanaises.
Audre Lorde, poétesse et activiste féministe noire américaine nous invite à la solidarité dans notre lutte, sans perdre de vue la multiplicité des chaînes qui nous entravent, la classe sociale, la religion, la race « Je ne suis pas libre tant que n’importe quelle autre femme est privée de sa liberté, même si ses chaînes sont très différentes des miennes. »
Nous ne sommes pas réductibles à un statut de victimes.
Nous sommes des combattantes.
Les luttes féministes sont massives, en 2015 : Ni Una Menos en Amérique du Sud, la vague MeToo en 2018, Femmes Vie Liberté en Iran en 2022…

Mais un grand nombre de menaces pèsent sur nos droits.
Les mouvements réactionnaires, masculinistes et d’extrême-droite sont en train de remettre en cause les acquis du féminisme.
Les mouvements islamistes radicaux, mais aussi les gouvernements autoritaires d’extrême droite en Argentine, en Russie aux USA cherchent à réduire les droits des femmes. Aux USA, on fait la promotion des rôles féminins traditionnels, comme le mouvement Trad Wives. Le slogan «Your body, my choice» (Ton corps, mon choix) est devenu viral chez les partisan·e·s de Trump. Il s’agit d’une menace de viol : le sexe est un moyen de punir, d’humilier et de dominer les femmes. Suivant ce hashtag, des publications fantasmant sur des viols se sont répandues. De nombreuses femmes et jeunes filles racontent qu’elles ont été menacées de violences sexuelles






Plus pernicieux encore les soi-disant féministes d’extrême droite !
S’appuyant sur la réthorique xénophobe classique de l’extrême droite, elles instrumentalisent la problématique des violences sexuelles. On peut citer entre autre le collectif Nemesis. Pour elles, le violeur, l’agresseur c’est l’homme racisé, c’est le musulman. Elles réduisent les violences à celles de l’espace public, qui seraient donc dangereux, interdits aux femmes à cause d’une présence supposée accrue d’hommes racisés.
Leur combat est simple : défendre les droits des femmes blanches cisgenres, en stigmatisant les hommes non blancs,et leurs réponses simples également : le rejet de l’immigration et la répression. Quand des hommes blancs sont accusés de violences sexuelles, elle ne se mobilisent pas pour défendre les victimes.
Encore moins s’il s’agit de personnes publiques. Ce qu’elles prometttent aux femmes? c’est qu’elles seront au-dessus des hommes racisés: si l’un d’entre eux les touche, il sera puni. En échange, elles restent toujours la propriété des hommes blancs.
C’est un pacte racial!
Nous allons marcher et montrer notre détermination à lutter pour nos droits, pour les droits des enfants, pour toutes les personnes qui subissent les violences patriarcales. »

GALERIE PHOTOS, click ici :
https://myalbum.com/album/yLVCui6jTqcuge/?invite=10a428d1-e15c-4324-9039-eef15abf12d1
DES CONTACTS :
39 19 : Violences Femmes Info — écoute, information, orientation pour les violences conjugales.
119 : Allô Enfance en Danger — pour signaler un enfant en danger ou des violences sur des mineurs.
116 006 : Aide aux victimes — soutien psychologique, juridique et social.
