un rassemblement pour la solidarité
Le samedi 1er novembre, la Place d’Armes à Calais était bien plus qu’un lieu de rencontre, elle est devenue une véritable tribune pour la conscience humaine. Près de 150 personnes — réfugiés et militants français et anglais de la solidarité — se sont réunies pour une veillée solennelle qui s’est transformée en une émouvante marche de solidarité.
Initiée par trois réfugiés soudanais, Khalid, Ahmat et Mustafa, et soutenue par l’Association France Palestine Solidarité (AFPS) de Calais, l’Auberge des Migrants et le Secours Catholique, cette initiative portait un cri de justice visant à attirer l’attention sur la tragédie atroce et les massacres récents qui secouent la ville assiégée d’El Fasher.
Des réfugiés témoignent de la douleur de leur patrie
Plus d’une centaine de survivants, vivant dans des conditions précaires, étaient présents. La douleur de leur pays d’origine les a poussés à venir jusqu’au cœur de la ville. Ils portaient le poids de ceux qu’ils ont laissés derrière eux, exprimant à la fois leur profonde tristesse et leur solidarité indéfectible avec leur peuple résilient du Soudan.
La présence d’organisations humanitaires reconnues, telles que L’auberge des Migrants, la Ligue des Droits de l’Homme ou le Secours Catholique, a donné une portée et une force particulières à l’événement, rappelant qu’il s’agit là d’une question humanitaire universelle.
Pendant le rassemblement, Saleh, Ahmat et Mustafa ont pris la parole, non seulement avec des mots, mais aussi avec leur douleur et leur mémoire.
Ils ont révélé une vérité qu’il ne faut pas oublier : la guerre au Soudan n’a pas commencé en 2023. Ces jeunes que nous voyons aujourd’hui dans les rues de Calais ne fuient pas un conflit récent ; ils sont les victimes d’une guerre brutale et prolongée qui ravage la région du Darfour (où se trouve El Fasher) depuis plus de trois décennies, depuis les années 1990.
appel à la conscience occidentale
Le silence du monde a trop duré. Il est temps que l’Occident ouvre les yeux et cesse de détourner le regard. Les voix des survivants doivent être entendues, et les horreurs d’El Fasher doivent être vues. L’histoire nous enseigne que ceux qui sèment la misère chronique ne récoltent que la colère contenue et un cycle de violence qui ne s’arrêtera pas à nos frontières.
Texte : Mustafa M.
Reportage : Sophie de Langloy

