Jeudi 2 octobre, dès 8h30, une trentaine de salarié·es se sont retrouvés au local CGT du port de Calais pour partager un petit-déjeuner avant de rejoindre le cortège intersyndical en centre-ville.
Frédéric Hubert, secrétaire du syndicat, en a profité pour rappeler le rôle actif des portuaires dans la mobilisation contre la réforme des retraites. Tout au long de l’année, des journées de grève ont ponctué l’activité du port, démontrant la capacité des travailleurs à maintenir la pression. Cette combativité a permis à leur fédération, Ports et Docks, d’obtenir une cinquième année de départ anticipé au titre de la pénibilité professionnelle.



Le communiqué fédéral distribué ce matin-là abondait dans le même sens : « La bataille des retraites a montré la détermination des dockers et des agents portuaires. Ce que nous avons gagné, c’est par la lutte, et ce que nous défendons, c’est bien plus qu’un statut : c’est la dignité de toute une profession. » La fédération y insistait également sur le dossier de l’amiante : « La réparation et la reconnaissance restent des enjeux majeurs », rappelant que de nombreux agents portuaires y ont été exposés pendant une grande partie de leur carrière.
Laurent et Antoine rappelaient par ailleurs que la fédération Ports et Docks compte plus de 22 000 adhérent·es, ce qui illustre son poids dans le rapport de force et son rayonnement dans les ports et les chantiers maritimes.




Aujourd’hui, cette force s’exprime aussi à l’échelle internationale. À Gênes, le mouvement est exemplaire : des centaines de dockers et d’habitant·es se sont rassemblés mercredi pour bloquer l’accès au port, érigeant des barricades et empêchant tout passage de marchandises, dans le cadre d’une mobilisation massive contre les livraisons d’armes et la complicité du gouvernement italien avec Israël. Ces actions, menées sous le mot d’ordre « Les dockers ne travaillent pas pour la guerre », rappellent que les ports ne sont pas de simples zones techniques mais des lieux stratégiques où se joue la dignité ouvrière et le rapport de force politique. À Calais, la CGT portuaire a voulu inscrire son combat dans ce même horizon : un panneau accroché sur la façade du local syndical depuis le début de l’été affirme son soutien à Erik Helgeson, docker suédois licencié pour avoir exprimé son refus de voir transiter par le port de Göteborg des armes à destination d’Israël. Des quais de Calais aux barricades de Gênes, une même idée se dessine : les ouvriers portuaires, par leur solidarité, peuvent dynamiser la puissance collective des travailleurs.


