Calais en route pour un meeting international « Contre la guerre » à Paris

À l’étage du café Le Mirador, une conférence de presse a annoncé jeudi après midi la participation d’un convoi calaisien au meeting international « Contre la guerre », prévu dimanche 5 octobre au Dôme de Paris (porte de Versailles). Autour de Jean-Paul Rozanes, militant multi casquettes (LFI, FO, AFPS), plusieurs militant·es de l’AFPS, EELV et LFI ont pris la parole. Dix-huit personnes sont déjà inscrites et deux minibus partiront de Calais ; les organisateur·ices visent une vingtaine de participant·es.

« Pas un centime, pas une arme, pas une vie pour la guerre ! »

Dans le communiqué lu au Mirador, Jean-Paul Rozanes dénonce une « marche à la guerre » et attribue l’escalade militaire à des choix politiques et économiques :

  • Réarmement européen : la Commission européenne a annoncé un programme de 800 milliards d’euros consacré au réarmement.
  • Objectif OTAN : les pays membres, dont la France, visent 5 % du PIB d’ici 2035 (contre 2,02 % en 2024), ce qui représenterait plus de 100 milliards d’euros par an pour l’armement en France.
  • Conséquences sociales : ces budgets seraient financés au détriment des salaires, des prestations sociales, de la sécurité sociale et de l’emploi public.

Un constat rappellant celui de l’intersyndicale qui s’est prononcé dans la matiné dans son discours avant la manifestation contre ces orientations martiales et austéritaires

« Ce que rejettent également les grévistes et manifestant·es, ce sont les milliards dépensés pour enrichir les marchands de canons. »

J-P Rozanes

Autre axe : la dimension industrielle et internationale. Le poids des exportations d’armement, évoquant les États-Unis (premier producteur), la France (3e) et Israël (7e), ainsi que des partenariats entre entreprises israéliennes et européennes. La Palestine est décrite comme « laboratoire de tous les oppresseurs»

Le gouvernement israëlien est engagé dans un plan d’extermination du peuple Palestinien. En France, Macron reconnaît l’État de Palestine mais il ne fait rien pour stopper le génocide à Gaza. Il refuse toujours de décider l’embargo, de prendre des sanctions économiques, de stopper les partenariats industriels et la coopération militaire pour obliger Israël à arrêter les massacres. Le réarmement de la France passe avant la vie des Palestiniens.« 

Jean-Paul Rozanes (en haut à gauche) entouré d’une partie des militant.es calaisien.nes participant au meeting international contre la guerre.

La voix de l’AFPS Calais

Le président de l’AFPS Calais, Jean-Jacques Triquet, a prolongé ce constat en reliant la lutte pour la paix à la critique du système capitaliste :

« Combattre ce qui se passe en Palestine, c’est avant tout combattre le capitalisme. Toutes les nouvelles armes — létales, de surveillance, de drones — testées là-bas se retrouvent ensuite ici, dans nos rues, à la moindre manifestation. »

Appuyant ses propos sur des chiffres de l’ONU, il a rappelé que la proportion de civils tués par les guerres est passée de 15 % durant la Première Guerre mondiale à 90 % dans les conflits actuels. Et de souligner :

« En 2024, huit millions de personnes sont mortes faute d’accès à l’eau potable, trois millions faute de soins. Pendant ce temps, plus de 2 000 milliards ont été dépensés en armements. »

Pour lui, se battre pour la liberté du peuple palestinien, c’est aussi « se battre pour la liberté dans le monde », en exigeant la fin du financement de l’OTAN et du commerce de la guerre.

Jean-Jacques Triquet et Jean-Paul Rozanes, lors du rassemblement de solidarité avec le Global Sumud Flotilla (2 octobre 18 heures)

Un appel transnational

Le meeting parisien s’inscrit dans un appel signé dans une vingtaine de pays, réunissant militant·es associatif·ves, responsables syndicaux et élu·es. Côté français : Céline Verzeletti, Jean-Paul Delescaut (CGT), Clément Poullet (FO), des député·es LFI (Thomas Portes, Sophia Chikirou, Danièle Obono), ainsi que des personnalités comme Annie Ernaux et Ken Loach.

Sont également attendus : la députée britannique Zarah Sultana et Jeremy Corbyn, des dockers de Gênes représentés par José Nivoi, ainsi que des représentant·es des Democratic Socialists of America (DSA) aux États-Unis.


infos pratiques

  • Départ : Calais, parking du Channel dimanche 5 octobre matin.
  • Places : 18 inscrit·es, 2 minibus affrétés ; quelques places encore disponibles.
  • Billetterie du meeting : contrelaguerre.fr
  • Contact convoi Calais : galouisemichel@gmail.com