2 octobre : discours anti austéritaire de l’intersyndicale calaisienne

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Calais : l’intersyndicale dénonce l’austérité et appelle à élargir la grève

Jeudi 2 octobre au matin, l’intersyndicale calaisienne s’est exprimée depuis le perron de la mairie avant le départ de la manifestation. Son discours a posé trois axes clairs : refuser de payer la dette, défendre les services publics, imposer une justice fiscale.

La dette n’est pas celle du monde du travail. « Les véritables responsables de cette dette se trouvent au MEDEF, au CAC 40 et chez les spéculateurs », a rappelé la tribune syndicale. L’intersyndicale cite l’exemple d’Auchan : 1,3 milliard d’exonérations sociales et 630 millions d’aides en dix ans, pour finalement supprimer 2 400 postes en 2024. Pendant ce temps, le nombre de milliardaires en France est passé de 37 en 2017 à 145 en 2025.

Les services publics en première ligne. Alors que le budget militaire est en hausse, le discours a souligné que « ce ne sont ni les bombes, ni les chars d’assaut qui détruisent les écoles et les hôpitaux, mais bel et bien les coupes budgétaires ». Les syndicats exigent que l’argent public serve aux salaires, aux pensions et à l’embauche, plutôt qu’aux actionnaires et aux marchands d’armes.

La justice fiscale comme horizon. « L’impôt n’est pas une charge mais un outil de justice sociale », a affirmé l’intersyndicale. Elle a repris la proposition de l’économiste Gabriel Zucman d’une taxe mondiale sur les milliardaires, à l’opposé des exonérations et cadeaux fiscaux multipliés depuis des années. L’enjeu est clair : rééquilibrer l’effort entre salariés, retraités et chômeurs d’un côté, multinationales et grandes fortunes de l’autre.

Au-delà de ces constats, le discours a fixé une stratégie : « Une seule journée n’est pas suffisante. Il faudra intensifier et généraliser la grève pour pouvoir l’emporter. » L’intersyndicale appelle à convaincre sur les lieux de travail pour bâtir un mouvement d’ampleur.

La prise de parole s’est conclue par un horizon de société : égalité réelle, accès universel à la santé, à l’éducation, au logement, au transport et à l’énergie, et respect de la dignité pour toutes et tous. Avant le départ du cortège, la tribune a lancé : « C’est aux milliardaires de payer la crise, pas au monde du travail ! Vive la grève, vive l’unité syndicale ! »

La manifestation s’est ensuite élancée dans les rues de Calais, avec un rendez-vous fixé en fin de parcours pour un « barbecue des luttes » près de la sous-préfecture.

Texte et vidéos : Pierre Muys
Photos : Delphine Lefebvre

Lire le discours du 2 octobre