
Hier soir, une cinquantaine de personnes s’étaient retrouvées devant l’hôtel de ville à l’appel de l’AFPS pour exiger que Calais hisse le drapeau palestinien, « comme elle l’avait fait pour l’Ukraine ».
Ce mardi, la question a bien été portée au conseil municipal par l’élu écologiste Jean-Pierre Moussally. Le texte soumis par l’élu rappelait la reconnaissance par la France de l’État de Palestine à l’ONU et appelait la mairie de Calais à s’associer à ce geste symbolique.
« La ville de Calais doit montrer sa solidarité avec un peuple victime de génocide. » pouvait on lire dans la question adressée à la représentante des calaisiennes et calaisiens.

Mais au bout de trois heures de conseil municipal Natacha Bouchart finit par trancher :
« Nous avons une question qui a été refusée puisqu’elle n’est pas d’ordre municipal. Elle est d’ordre national. »
Deux poids, deux mesures
Difficile pourtant d’oublier qu’en février 2022, au lendemain de l’invasion russe, la même maire avait publié un long message sur Facebook (voir notre article sur notre site internet) vantant l’alignement de Calais aux côtés de l’Ukraine. La mairie avait même été illuminée en bleu et jaune.


À l’époque, cette solidarité légitime (bien que déjà difficile à avaler face à la politique d’apartheid que peuvent recevoir chez nous les personnes réfugié.es en provenance d’Afghanistan, Erythrée, Irak, Soudan, Syrie, etc…) ne semblait pas « d’ordre national ».
« PEUR DE L’EXTRÊME DROITE »
Sur les réseaux sociaux, Jean-Philippe Lannoy, élu insoumis, a réagi dès la fin du conseil :
« Natacha Bouchart refuse le drapeau palestinien sur la mairie ! Pire, elle refuse même de prendre position sur le sujet rejetant la demande faite en conseil municipal au motif que ça n’aurait pas trait aux affaires de la commune ! Quoi de plus communal que le pavoisement du fronton de la mairie ! Bref comme sur plein d’autres sujets, elle botte en touche et refuse de prendre position par peur de l’extrême droite qui y est hostile. »
A noter que Jean-Pierre Moussally, qui avait porté la question, a publié dans la soirée une réaction dénonçant un « déni de démocratie » et des « abus de pouvoir » de la maire.
Et maintenant ?
La reconnaissance de l’État de Palestine par la France reste pour beaucoup un symbole insuffisant, tant que des sanctions ne frapperont pas Israël et que la solidarité concrète n’est pas mise en œuvre. À Calais, ce refus de la maire laisse un goût amer : hier, les drapeaux claquaient dans le vent devant l’hôtel de ville. Aujourd’hui, ils ne flotteront pas sur son fronton.

