Ce lundi 22 septembre, la France a officiellement reconnu l’État de Palestine, lors de l’Assemblée générale des Nations Unies, à New York. À Calais, l’AFPS a lancé dans la matinée un appel à se rassembler devant l’hôtel de ville. À 18 heures, sous les rafales de vent et entre les averses cinglantes, plusieurs dizaines de personnes se sont retrouvées face à une mairie restée close. Les drapeaux palestiniens fouettaient le ciel, transformant l’inhospitalité de la place en un moment de dignité et de fraternité face au présent.

« Une victoire… mais pas celle de Macron »
Pour Jérémy Ollivier, coordinateur de l’AFPS, avec qui nous discutons avant les prises de paroles, cette reconnaissance « rend possible encore le combat pour la solidarité avec la Palestine ». Mais il avertit aussitôt :
« Ce n’est pas une victoire de Macron. C’est une illusion : ce que réclame le peuple palestinien aujourd’hui, c’est la fin d’un génocide, pas simplement une reconnaissance symbolique. (…) Les symboles ne protègent pas des bombes. Ni des génocides ».
«On aimerait d’ailleurs bien voir aussi d’avantages les partis, les syndicats comme un peu partout en France»
Si le rassemblement a donné lieu à des prises de parole fortes – AFPS, LDH, élus écologistes, militants communistes l’absence récurrente des partis politiques et des organisations syndicales locales se fait sentir
« On aimerait voir plus de monde, et surtout plus de structures organisées, comme c’est le cas ailleurs en France », déplore Jérémy Ollivier au micro. Une critique amère dans une ville où les mobilisations de solidarité avec la Palestine ont pourtant dépassé la centaine en moins de deux ans. Le seul rassemblement hebdomadaire du samedi soir a atteint 97 rendez-vous. Le centième sera célébré le 11 octobre, à 18 heures, place d’armes.
« Le courage qui nous manque »
Le président de l’AFPS, Jean-Jacques Triquet, a lui aussi replacé la solidarité locale dans une perspective plus large :
« Même nos petits rassemblements donnent de la force là-bas, à Gaza. Les Gazaouis sont constamment informés de nos mobilisations. Ils ont besoin de nous – et ils ont déjà tant de courage. C’est peut-être nous, ici, qui manquons de courage pour affronter nos gouvernements fascistes ou néofascistes. »
Un parallèle brutal mais nécessaire : face à la répression et aux bombes, le peuple palestinien continue de se battre. En France, où le prix à payer n’est pas comparable, nous restons trop souvent spectateurs.

De la mairie de Calais à Gaza
L’élu écologiste Jean-Pierre Moussally a annoncé qu’il porterait dès le lendemain au conseil municipal une demande claire : que le drapeau palestinien flotte aux côtés du drapeau français sur la façade de la mairie, comme ce fut le cas pour l’Ukraine.
« Le respect des droits humains n’est pas une opinion négociable ni une variable d’ajustement en fonction des pressions », a-t-il affirmé.
La Ligue des droits de l’Homme a parlé d’un « moment historique pour les droits humains ». D’autres ont rappelé que la reconnaissance de l’État de Palestine doit s’accompagner de sanctions immédiates contre Israël et de véritables actes de solidarité : accueil des Gazaouis, jumelages de villes, soutien concret aux associations locales.
En conclusion, Jean-Jacques Triquet a lancé un appel :
« Cette reconnaissance, si elle n’est pas suivie d’effet immédiat, c’est un coup d’épée dans l’eau. La liberté de la Palestine, c’est notre liberté aussi. À nous de continuer à agir, à informer, à mobiliser. »

Retrouver l’ensemble des discours et prises de parole ici :
