18 septembre : L’intersyndicale de Calais appelle à manifester et faire Grève

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Réunis ce lundi 15 septembre à la Bourse du travail de Calais, les représentants de la plupart des organisations syndicales locales (CGT, CFDT, FO, SUD, CFTC, CFE-CGC) ont présenté à la presse leurs intentions pour la journée nationale de mobilisation du 18 septembre. Après la manifestation du 10, qui avait déjà rassemblé près d’un millier de personnes à Calais, ils entendent amplifier le mouvement.

Le rendez-vous est fixé à 9h30 devant l’hôtel de ville de Calais. Le cortège empruntera le boulevard Jacquard, longera le théâtre, passera par la rue du Moulin Brûlé et la rue des Fleurs, avant de revenir à la mairie via le boulevard La Fayette.

Manifester, mais surtout faire grève

Au-delà de la présence dans la rue, l’intersyndicale insiste sur l’importance de la grève pour peser réellement sur les choix politiques et économiques. « Il faut toucher l’économie, toucher le patronat », martèle Hervé Caux (UL CGT Calais). Pour lui comme pour d’autres syndicalistes présents, bloquer l’outil de production reste la condition pour que le gouvernement soit contraint de réagir.

« On a beau changer de Premier ministre, la politique reste la même », constate Jérôme Mignien (CGT Cheminots). Les revendications portées le 10 septembre – justice sociale, justice fiscale, augmentation des salaires et défense des retraites – demeurent entières. L’objectif, désormais, est d’élargir la mobilisation et de convaincre plus de salarié·es, notamment les jeunes, de franchir le pas de la grève.

Une unité syndicale réaffirmée

Autour de la table, les intervenants ont mis en avant leur volonté d’unité. « On a décidé de faire un discours commun », souligne Éric Vercoutre (FO Maritime Nord). « C’est à la jeunesse, aux salarié·es précaires, aux alternants, de prendre le relais pour donner un souffle nouveau. »

La conférence de presse a également été l’occasion de rappeler que la manifestation n’est qu’un début. « Si la mobilisation prend de l’ampleur, on pourra envisager d’autres formes d’action », ont précisé les représentants syndicaux, tout en se tenant pour l’heure sur le terrain classique de la grève et de la manifestation.

Et le mouvement citoyen ?

Interrogés sur les suites de l’assemblée populaire du 10 septembre, les représentants syndicaux ont reconnu « quelques contacts » mais ont insisté sur le fait qu’ils restaient concentrés sur leurs prérogatives syndicales. Le contraste est notable : d’un côté, une intersyndicale soudée qui mise sur la grève et la manifestation ; de l’autre, un mouvement citoyen qui explore d’autres formes d’organisation et de parole collective.
Ces deux dynamiques cohabitent aujourd’hui à Calais. Reste à savoir si elles trouveront à se croiser ou à se renforcer mutuellement dans les semaines à venir.

Le 18 septembre sera donc une étape décisive pour les syndicats calaisiens. En insistant sur la grève comme levier central, l’intersyndicale choisit de miser sur la force des salarié·es pour peser sur le gouvernement. Reste à voir si l’appel trouvera un écho large dans les entreprises et au-delà, dans une ville où, depuis le 10 septembre, la colère sociale a commencé à s’exprimer aussi en dehors des cadres traditionnels.

Pierre Muys