Calais : rassemblement pour Gaza et punition policière

Comme chaque samedi, une cinquantaine de personnes se retrouve ce 30 août à 18h sur la place d’Armes de Calais pour exiger la fin des massacres à Gaza. Le rassemblement, à l’appel de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS), répond cette fois à une mobilisation internationale initiée par Reporters sans frontières (RSF), qui dénonce l’assassinat de journalistes palestiniens et l’interdiction d’accès pour la presse étrangère.

Photo : Afps Calais

« Israël tue les journalistes »

Sur la banderole tendue aux pieds de la tour du guet, on lit : « Pour les empêcher de témoigner Israël tue les journalistes. » Dans son intervention, Jean-Paul Rozanes, militant de l’AFPS, a rappelle l’ampleur des crimes commis contre la profession :

  • Au moins 219 journalistes et travailleurs des médias ont été tués à Gaza depuis octobre 2023, selon la Fédération internationale des journalistes.
  • Le 25 août, une frappe israélienne contre l’hôpital Nasser a tué 20 personnes, dont six journalistes.
  • Début août, six autres reporters avaient péri dans une attaque.

« Gaza est le conflit le plus meurtrier pour cette profession dans l’histoire moderne », souligne le porte-parole, citant RSF, dénonçant également la stratégie de désinformation israélienne mise en lumière par le média indépendant +972 Magazine : une « cellule de légitimation » de l’armée serait chargée de salir la réputation des journalistes palestiniens pour justifier leur assassinat.

Photo : Afps Calais

Une amende inédite dans un climat social tendu

Lors du rassemblement un incident se produit. Jean-Jacques Triquet, président de l’AFPS Calais profite comme souvent lors de ces samedis du ralentissement au carrefour pour distribuer des tracts aux automobilistes. La police municipale s’approche et lui tend un procès verbal. 135 euros pour entrave à la circulation. Une décision jugée arbitraire par les militants :

« C’est bien la première fois que je vois verbaliser une distribution de tract, explique Jean-Paul. Lors de la mobilisation contre la réforme des retraites, des milliers de tracts avaient été donnés sur les ronds-points sans jamais d’amende. Nos rassemblements contre le génocide des Palestiniens doivent vraiment déranger Madame Bouchart » conclut-il.

Le président de l’AFPS est malheureusement un distributeur de tract notoire. Comme en témoigne ce cliché saisi en pleine exaction, l’année dernière au mois de décembre. Gageons que la sagacité des forces de l’ordre calaisienne aura su mettre un terme à ces agissements.

Cette sanction intervient dans un contexte social tendu : à l’approche de la rentrée, des 10 et 18 septembre, journées d’actions nationale contre les mesures d’austérité, et à quelques mois d’échéances électorales locales, le pouvoir redoute une multiplication des initiatives syndicales et associatives. Dans un climat où les mouvements sociaux rapportent peu de voix à la droite, l’amende apparaît comme une manière de « faire un exemple » et de refroidir les ardeurs militantes à Calais.

Pierre.