10 septembre à Calais : une lettre ouverte aux syndicats

Un collectif d’habitant·es du Calaisis a publié le 29 août une lettre ouverte adressée à l’intersyndicale locale. Dans le cadre de la mobilisation nationale contre l’austérité, il organise une Assemblée générale populaire le 10 septembre à 9h30 au parc Saint-Pierre, et demande aux syndicats de ne pas tenir de manifestation concurrente.

Dans ce courrier envoyé à la presse, le collectif rappelle que lors du mouvement contre la réforme des retraites en 2023 et malgré six mois d’actions et cortèges, “les habitantes et habitants du Calaisis avaient rencontré des difficultés pour prendre la parole dans l’espace public”. L’AG vise donc à combler ce vide : un espace ouvert où chacun·e peut exprimer ses colères, partager ses expériences et décider collectivement des suites.

La lettre insiste : l’initiative “n’est pas en opposition aux manifestations syndicales, elle les accompagne”. Elle reconnaît le rôle crucial des syndicats – appel à la grève, rapport de force économique – mais affirme que ces leviers “ont besoin d’un terreau social plus large, où les citoyennes et citoyens puissent eux aussi s’organiser, réfléchir et agir ensemble”. Le collectif demande des soutiens concrets (relais juridiques, logistique, caisse de grève, reconnaissance publique) mais fixe une ligne rouge : une manifestation au même moment brouillerait le message et donnerait une image de division.

Cet appel renvoie à une question plus large : qui peut parler au nom du mouvement social ? Depuis Nuit Debout et les gilets jaunes, beaucoup ne se reconnaissent plus dans les cadres traditionnels et cherchent à créer des espaces autonomes d’action et d’expression en dehors des partis et syndicats. Le collectif calaisien s’inscrit dans cette continuité : reconnaître la force des syndicats, tout en défendant un espace citoyen où la légitimité se construit directement par la participation.

Le 10 septembre fera donc figure de test, à Calais comme partout en France : Unité ou division ?