10 septembre : bloquer le pays ? Et dans le Calaisis, on fait quoi ?

Un appel citoyen, relayé sur les réseaux, propose un arrêt total du pays à partir du 10 septembre 2025. Sans sigle ni leader, il appelle au boycott, à la désobéissance civile et aux blocages face à la trajectoire budgétaire annoncée par François Bayrou : gel des prestations sociales, suppression de jours fériés, coupe dans les services publics. Une politique d’austérité imposée sans débat.

Ce mouvement informel s’ancre dans un contexte de contestation sociale massive. Le 10 juillet, une étudiante déposait une pétition sur la plateforme de l’Assemblée nationale, demandant l’abrogation de la loi Duplomb et une révision démocratique de sa procédure d’adoption. En deux semaines, elle a récolté plus de 1,8 million de signatures.

Dans la foulée, l’intersyndicale CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, FSU et Solidaires a lancé une pétition unitaire contre les mesures budgétaires. Intitulée « Budget : les sacrifices pour le monde du travail, ça suffit ! », elle revendique l’abandon immédiat des réformes. Elle frôle déjà les 130 000 signatures. Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, dit vouloir suivre le même chemin que la pétition Duplomb.

Ne pas tout laisser aux fachos

Comme en 2018, l’extrême droite rode autour de la mobilisation. Et comme en 2018, elle tente de s’y infiltrer. C’est vrai : certains des premiers initiateurs de l’appel au 10 septembre ne sont pas clairs sur ce point. Des figures douteuses s’expriment. Des ambiguïtés traînent.

Mais quand on lit ce qui circule sur leurs réseaux, on comprend que ce que craint l’extrême, ce n’est pas d’être tenue à distance. C’est que le mouvement soit investi par les révolutionnaires, les syndicats, la gauche combative. Que la colère devienne populaire, organisée, solidaire.

Le RN, lui, a voté la loi Duplomb. Il soutient les annonces de Bayrou. Il est hors-sol dans cette mobilisation, comme il l’était en 2018. L’extrême droite ne prospère que sur la colère isolée. Quand celle-ci devient devient collective, partagée, solidaire, elle la coupe de ses appuis.

Alors oui, il y aura des fachos dans les rues en septembre.
Mais veut-on leur laisser le terrain, au nom d’une posture morale,
ou y aller en nombre, en bloc, avec nos mots d’ordre, nos solidarités, nos colères bien réelles ?

C’est peut-être une des rares occasions de combiner lutte des classes et antifascisme concret.
À nous d’en faire quelque chose.

UNE SEULE QUESTION : ET ICI ?

Que pourrait-on faire de ce 10 septembre dans le Calaisis ?
Un blocage ? Une assemblée générale (il n’y en a eu aucune lors du mouvement contre la réforme des retraites de 2023) ? Un geste symbolique ? ou bien une action concertée collectivement pour atteindre une efficacité concrète du point de vue du rapport de force ?

Envoyez nous vos envies, vos réflexions, vos idées par mail : calaislasociale@protonmail.com